samedi 21 juillet 2018

jeudi 19 juillet 2018

Soutenance projet d'option "Traction de navire par kite"

De Novembre 2017 à Mars 2018, j'ai encadré le projet d'un groupe de 3 élèves de l'option Océan de l'Ecole Centrale de Nantes (Jean CRESP, Abel PRUCHON, Jiakan ZHOU).

L'idée était de mettre en place les bases d'un VPP (Velocity Prediction Program, un outil de calcul des performances d'un voilier) permettant d'intégrer les degrés de liberté supplémentaires correspondant à un kite.

Un cas d'application était prévu avec le bateau d'Armorkite.

Le projet devait normalement occuper un volume de 80h, mais a été perturbé par un manque de planification des créneaux dans l'emploi du temps de l'option, ce qui a compliqué le suivi du projet, et mené à un gros travail de dernière minute.

Voici le rapport à prendre avec des pincettes, du fait du manque de recul nécessaire au moment où il a dû être rendu!

Le code est partagé, mais le suivi des versions n'a pas été fait de manière complète, donc à utiliser sans garantie en l'état actuel, en plus des limitations volontaires.

La soutenance s'est déroulée le 28 Mars et a été précédée d'un repas réunissant différents enthousiastes du kiteboat à Nantes (François Lucas, Vincent Arnal, ...).

Un grand merci aux élèves pour leur travail. Je tiens à leur présenter mes excuses pour les avoir chamboulés lors de la soutenance, et j'espère qu'avec le recul, ils garderont tout de même un bon souvenir du projet!

Merci également à Maxime, Marc et Thibaud d'Armorkite pour avoir accepté de fournir des données concrètes aux élèves.

Jiakan ZHOU, Baptiste LABAT, Jean CRESP et Abel PRUCHON dans le hall de l'Ecole Centrale de Nantes

samedi 14 juillet 2018

Sortie avec Samuel sur L'dorado

C'était la première sortie planifiée de L'dorado depuis le retour du lac de Garde. Une occasion de naviguer avec mon collègue Samuel. Nous avons donc décidé d'essayer d'aller sur l'eau, malgré une météo estivale, mais peu ventée.

Il m'a fallu environ 2h de préparation du bateau (aller le chercher, le descendre sur la plage, enlever la plaque, les sangles, monter les foils, ...). C'était la première fois que je faisais le montage entièrement seul, sans l'aide de Trevor.

Nous avons choisi de partir avec la 17m2, alors que le vent était entre 5 et 8kt...

Vu le monde sur la plage, et l'absence de zone kite, il n'était pas envisageable d'y décoller (ne serait-ce pour vérifier si on avait une chance que l'aile vole).

On envisageait néanmoins de gonfler l'aile sur la plage, et de partir avec elle sur le bateau. Mais une fois l'aile gonflée (et connectée au bateau), il semblait difficile vu sa taille de pouvoir la maintenir facilement sur le bateau. On a donc décidé de la dégonfler et de la regonfler plus tard sur l'eau.

On a par contre gardé les lignes, prêtent à être déroulées.

Le vent étant presque onshore, mais faible, nous sommes partis assez loin (jusqu'à la bouée rouge pour les connaisseurs) avant de mettre l'ancre flottante et de commencer à gonfler le kite et à descendre les foils. Sur ce point, mauvaise surprise j'avais inversé les 2 safrans, ce qui nous aurait empêché de les caler correctement et donc de voler s'il y avait eu du vent.

Nous n'avons au début pas eu besoin du moteur pour dérouler les lignes, l'ancre flottante faisait le boulot pour créer le différentiel de dérive suffisant pour que le kite s'éloigne de notre bateau.

Mais une fois les lignes déroulées, difficile de décoller avec le peu de vent. Heureusement, nous avions installé la 5ème ligne, ce qui nous permettait de faire basculer l'aile sur le dos, puis d'un côté ou de l'autre.

Nous avons réussi à décoller l'aile plusieurs fois, mais je n'arrivais pas à la garder en l'air.

Le moteur en marche arrière était bien utile pour arriver à retourner l'aile qui avait tendance à tomber dans une mauvaise position, boudin vers le haut, mais sans possibilité de redécoller en direct avec le peu de vent. La technique, pour la retourner est la suivante : tirer sur une des lignes arrières. L'aile tourne jusqu'à ce qu'une de ses oreilles soit dans la direction du vent. Le vent prend dans cette oreille, à contre, mais créant une portance qui l'aide à faire un waterstart. L'aile sort alors presque entièrement de l'eau et peut basculer, même si parfois elle semble rester bloquée dans cet état...

Le vent semblant parfois forcir un petit peu, nous avons insisté en essayant de se servir du moteur pour décoller, voir pour prendre de la vitesse sur un bord (mais ça marche pas bien quand on oublie l'ancre flottante...).

Au final, on a tout rangé et on a fini à la rame, pour pas risquer d'endommager la batterie, déjà bien basse...


samedi 7 juillet 2018

Motorisation électrique


Choix de la motorisation 
J'ai hésité entre un moteur hors-bord à essence et un moteur électrique.
J'ai acheté un moteur sur Amazon (plus disponible)
L'intitulé était le suivant :

[in.tec]® Moteur électrique pour bateau Pousse: 86 lbs (39 kg) Puissance maximal: env. 1164W Noir 

C'est le grand frère d'une gamme de 36, 46 et 55 libs.

Le tout pour 162.99€ (il doit bien y avoir une petite partie réservée pour l'argent de poche des enfants chinois qui ont dû bosser dessus...)


Le moteur vient pourtant d'une entreprise qui laisserait penser que le produit vient d'Allemagne, mais un produit qui semble identique se retrouve chez différentes marques (jago) qui vendent toute une gamme de produit chinois.
La livraison fut pourtant très rapide (commande le mardi soir, livraison prévue le vendredi). La livraison a cependant été refusée chez le commerçant que j'avais choisi pour récupérer le colis. En effet le colis est assez volumineux (140cm par 50cm par 20cm environ) et pèse 10kg, les 4/5 de la masse se concentrant dans le moteur a proprement parlé.

L'hélice en plastique mais solide est démontable et à monter

Le moteur est livré sans batterie. Deux fils permettent de se connecter à un batterie de 24V pour le modèle de 86lbs de poussée. 





Le moteur est basculable jusquà 90° et réglable en hauteur.



Choix de la batterie
D'après le voltage annoncée, l'intensité nécessaire peut-atteindre 48A. Il faut donc s'assurer d'une batterie pouvant tenir un tel courant de décharge.
Plutôt que de prendre une batterie plomb classique ou gel comme conseillé, je me suis orienté vers des batteries Lithium-Ion de multirotor sur les conseils de Trevor Jack.

1.2kg de batterie (5 fois moins qu'une batterie plomb gel équivalente, pour un prix surprenamment 1 à 2 fois moins élevé (normalement 3 fois plus élevé pour ce type de batterie).
10C veut dire que la batterie peut tenir 100A (10C veut dire 10*10Ah, même si ça veut rien dire)

A puissance max, la batterie de 10Ah ne devrait donc durée qu'une quinzaine de minute.

Un petit soucis : d'après le manuel, il faut arrêter d'utiliser le système quand la batterie tombe à 9.5V (probablement pour 12V) ce qui est représenté par 3 barres.
Pour les batteries au lithium, les seuils sont différents.

Waterproofing
Le contrôleur est situé dans la partie supérieure qui n'est pas étanche. J'ai juste ajouté un peu de sicaflex au niveau du passage des câbles d'alimentation pour améliorer l' étanchéité

Pour les batteries, j'ai utilisé une petite caisse de bricolage, placé dans un sac étanche de bateau. Même si de l'eau devait rentrer dans le sac étanche, il y a peu de chance qu'elle aille jusqu'à l'intérieur de la caisse.

J'ai utilisé des connecteurs XT90. Pas étanche, mais assez pratique.


Circuit de protection électrique
Un circuit de protection semble intéressant notamment pour protéger la batterie d'un court circuit, possible en milieu marin. J'ai rajouté un fusible de 50A, trouvé chez un fournisseur de matériel de camping car. J'ai monté le porte-fusible au bout du fil, vers la batterie et il se retrouve donc protégé dans le sac étanche.




Recharge 
La recharge se fait via un chargeur spécial. Je charge les deux batteries jusqu'à ce qu'elles aient une tension proche (moins de 0.1V d'écart par cellule, soit 0.6V d'écart en tout). Je les relie ensuite via un adaptateur XT90

Montage 
Pour le montage, j'ai bénéficié du support déjà réalisé par Trevor et qui se place dans la poutre arrière du catamaran. Lors des premiers tests, le blocage se faisait seulement par la force de frottement, ce qui n'était pas suffisant pour résister au couple créé par le moteur. On a rajouté 2 vis pour caler le support. On a également rajouter une petite cale en bois, au niveau de la "chaise du moteur" pour avoir une longueur moindre des vis de serrage.
Le moteur



vendredi 6 juillet 2018

Navigations sur L'Dorado (3ème partie)

Samedi 30 juin, Lac de Garde, 8-12 kt, LEI 17m2
Du vent le matin, mais des rdv pour les réparations sur la remorque pour pouvoir rentrer. On en profite aussi pour faire un tour au forum Gurit.
Mais l'après-midi le vent est faible, et le plan d'eau est infesté de Moths et autres Wasps, donc on ne sait pas trop où aller pour dérouler nos lignes et décoller l'aile sans les gêner. On se met finalement sous le vent du rond Wasp. Cette fois encore on a des soucis avec le lancement sur l'eau, peut-être parce que les lattes ne sont pas suffisamment gonflées. et les lignes du kite ont au final des tours. On commence cependant à naviguer vers l'autre rive, là où il y a moins de monde. Là, on met l'aile à l'eau pour essayer de clarifier les lignes depuis le bateau. Mais le vent est faible, on galère à redécoller l'aile. Heureusement qu'il y a la cinquième ligne pour nous aider à la faire basculer. Il y a cependant une position dans laquelle l'aile n'arrive pas à reprendre le vent, mais on finit par s'en sortir.
On hésite plusieurs fois à rentrer le vent faiblissant. Mais avec un pomping de l'aile très dynamique (pas si facile au début avec l'aile de 17m2 qui a beaucoup d'inertie), on arrive à continuer à décoller même dans un vent très faible. Par contrer, c'est un peu dur de repartir dès que l'on s'arrête. Le pomping avec les lignes croisées n'est pas forcément facile et l'aile tombe plusieurs fois dans l'eau.



Dimanche 1er Juillet, lac de Garde, 10-15kt, LEI 17m2
Presque pas de vent du nord ce matin là. A 11h le vent est déjà passé au sud. Les Wasps sont déjà à l'eau, encore pas facile pour nous de partir. On tente la même stratégie que la veille vers midi. Cette fois encore le lancement de l'aile est une galère, mais on arrive tout de même à naviguer. Le vent est un peu plus fort que la veille, mais un peu rafaleux et on a du mal à voler de manière stable. Ou peut-être est-ce à cause des  multiples tours dans les lignes qui créent une difficulté à bien sentir le kite et créent en permanence un pilotage un peu en retard du kite?
On attend un peu le photographe qui devait venir nous filmer, mais personne ne vient, si ce n'est un Wasp qui vient naviguer un peu avec nous. On croise les autres catamarans à foils en double, mais sans prendre le départ. On ne va de toute manière vraiment pas à la même vitesse, même si on bat notre propre record de vitesse avec 30km/h (quand d'autres vont à 30kt).
Les supports du haut des safrans sont de nouveaux lâches (ce peut-il que l'épaisseur de la coque réduise sous l'action de la compression et du frottement?) et nous finissons par rentrer pour ranger le matériel avant de prendre la longue route du retour.




vendredi 29 juin 2018

Navigations sur L'Dorado (2ème partie)

Jeudi 21 Juin, le Pyla-Sur-Mer, 8-10kt, monopeau 16m2
Les différents modèles météo sont contradictoires. L'un d'eux annonce un vent forcissant, mais lorsque l'on arrive au Pyla-Sur-Mer, c'est plutôt le pessimiste qui semble avoir raison. Le soleil finit tout de même par arriver. On se décide finalement à partir à l'eau avec la 16m2. Peu de chance de voler, on décide donc de partir avec un seul safran et une seule dérive, sans les foils pour réduire la traînée. On installe également le moteur électrique pour pouvoir faire face au fort courant de marée en l'absence de vent. Pas de soucis sur le départ. Les premiers bords sont très agréables. Mais au bout de quelques bords, le bout servant à déclencher le largage "automatique" de l'aile se coince lors d'un empennage et les lignes se font la male... En l'absence de leash impossible de récupérer ces lignes, on est contraint à rentrer, cette fois avec le confort du moteur.




Vendredi 22 Juin, Leucate/La Franqui, 25-30kt, LEI 9m2
Rendez-vous est pris avec Armand Torre. Lorsque nous arrivons dans le sud, la Tramontane souffle fort mais pas assez pour taire le bruit des cigales. Finalement direction la Franqui, où la sécurité est assurée par le club de kite malgré le vent offshore. Armand a également négocié notre accès à la plage. Les kitesurfeurs naviguent avec des ailes de 5 à 6m2, assez inusuelles en Bretagne. Armand nous conseille d'attendre un peu, que le vent soit un peu moins fort et stabilisé.
Nous préparons la 9m2 (notre plus petite aile, celle que j'utilise en kitefoil) avec des lignes courtes (pliées en 2). On prépare également une cinquième ligne afin d'essayer d'être plus en sécurité.
Trevor teste l'aile sur la plage, mais on décide de tenter un démarrage de la plage avec l'aile déjà attachée au bateau.  Je tiens le bateau pendant que Trevor pilote le décollage de l'aile, tenue par Armand, depuis le bateau. Une bourrasque très forte souffle à ce moment, et on hésite à partir. Finalement, on y va. On part prudemment pour se dégager et éviter les bancs de sable que nous avions repéré de la plage.

Une fois au large, on descend les foils et on commence à naviguer. Le vent est fort et on fait de beaux vols, malgré l'utilisation de la plus petite de nos ailes.
Alors que l'on revient en volant vers le bord, un peu grisé, on n'oublie de faire demi-tour. Mais lorsque l'on se décide enfin, le bateau se repose sur l'eau, et les foils viennent toucher le fond, arrêtant le bateau heureusement déjà ralentie en une fraction de seconde. Aie, aie, aie... J'essaie de remonter les foils, mais avec notre poids, impossible de retirer l'axe qui transfère les efforts. Je ne vois plus les foils, et me dis qu'ils ont été arrachés... Je saute à l'eau pour diminuer le poids du bateau et essayer de débloquer les dérives. Ouf, les foils sont toujours bien là, enfoncés sous quelques centimètres de sable. J'arrive à remonter une dérive, puis un safran et une autre dérive, alors que Trevor garde l'aile en l'air, tout en se décalant pour enlever le poids d'un côté puis de l'autre. Le bateau dérive alors un peu, nous poussant heureusement vers le large (vive le vent offshore!), où il y a un peu plus de fond. Armand arrive à notre rescousse, mais le bateau se débloque à ce moment et nous repartons vers le large.



C'est à la fois grisant, le bateau volant comme jamais et un peu inquiétant, le vent soufflant parfois vraiment fort.
Nous finissons par rentrer. Il est prêt de 20h, le club de kite est fermé, il n'y avait plus de sécu pour nous secourir!



Dimanche 24 Juin, Lac de Garde, 10kt, LEI 14m2
Nous voilà enfin au lac de Garde, destination finale de notre périple. Notre voyage aurait pu s'arrêter bien avant, le timon de notre remorque ayant lâché à seulement 30km de l'arrivée... Nous faisons les derniers kilomètres avec une attelle maison...

Nous sommes finalement prêt à naviguer en fin d'après-midi. Le vent étant faiblissant, nous décidons de ne partir qu'avec une dérive et un safran, de faire route au moteur, puis de retester le lancement de l'aile à la dérive.
En partant, nous faisons l'erreur de mettre le bateau à l'eau en avant. La cale étant très pentue, le bas de notre seul safran vient frotter contre la grille servant de cale, cassant la baguette assurant le calage du foil en position.

Lundi 25 Juin, Lac de Garde, LEI 14m2

Bonne navigation dans l'après-midi avec vent du sud



On teste des variations de la position du poids sur le bateau. On trouve une nouvelle position pas mal, où le barreur est au vent et en avant du pilote de l'aile (ce qui est permis par le système de bout permettant un pilotage déporté) qui peut du coup se reculer un peu et avoir un contrôle plus naturel.

Les logs complets sont ici http://www.nautilabs.com/log/garda/20180625/

Mardi 26 Juin 
Navigation écourtée car dès le début on se rend compte qu'il y a du jeu dans les supports du haut des safrans. On n'imagine d'abord que ce sont les trous de la coque qui s'agrandissent petit à petit, et de plus en plus vite avec le jeu. De peur de perdre un safran, nous décidons d'arrêter.

Finalement, après démontage des supports, rien d'anormal au niveau des trous dans la coque, il semblerait juste que les vis se soient dé-serrées. On resserre tout, et plus rien ne bouge.


Mercredi 27 Juin, Lac de Garde, 15-20kt, LEI 14m2 
Navigation matinale dans un bon vent.




Les logs complets sont dispo ici http://www.nautilabs.com/log/garda/20180627/
Jeudi 28 Juin, Lac de Garde
Ciel couvert, pas de vent pas de navigation. J'en profite enfin pour prendre le temps de faire ce rapport de nos navigations.

Vendredi 29 Juin, Lac de Garde, 20kt, LEI 17m2
Un peu frustré par le manque de vent de la veille, nous décidons de partir sur l'eau dès le matin, alors qu'un petit vent se lève. Nous sommes déjà sur l'eau à dérouler les lignes vers 7h30, mais des lignes se coincent dans un foil et dans son palpeur. On arrive finalement à décoincer les lignes et à lancer le kite, mais il y a des tours dans les lignes et le contrôle du kite est plus difficile. Le clapot est assez important et nous sommes plutôt a essayé de freiner le bateau.



jeudi 28 juin 2018

Navigations sur L'Dorado (1ère partie)

L'Dorado.

Voici le nom choisi pour ce cata à foil. Ce nom renvoie à la quête d'un bateau presque parfait, à l'image de l'Aile d'Eau de Luc Armant que l'on retrouve dans un jeu de mot subtile que l'on doit à Gwénolé Bernard. Et le "radeau" qui traduit le côté bricolage et expérimental de l'embarcation actuelle!

Le bateau a été conçu par Trevor Jack, et certaines pièces ont d'ailleurs été reprises pour cette version franco-australienne qui pourrait tout aussi bien n'être qu'éphèmère, le temps d'une démonstration au lac de Guarde pour la Foiling Week.

Mais avant d'en arriver là, il a cependant fallu s'entrainer, et améliorer le bateau afin qu'il soit tout d'abord opérationnel et utilisable dans des conditions de mers et de départ de "plage" varié.

Mardi 12 Juin 2018, Kersidan (Port Manech), 10-12kt, LEI 14m2
La première navigation à Kersidan a permis de valider le vol, mais tout en gardant un petit goût amer suite à la chute de vent.
Les conditions de départ offshore ont forcé à un départ en "drift launch" ce qui a imposé de prendre une aile à boudin (Leading Edge Inflatable), notre plus grande n'étant que de 14m2.

Mercredi 13 Juin 2018, Kersidan, moteur électrique
Malgré les conditions de navigation presque parfaite (side 15kt), nous n'avons pas navigué ce jour-là préférant testé le moteur électrique et nous réservant pour une navigation sur le nouveau bateau d'Armorkite. Le test du moteur électrique nous confirme des problèmes attendus, la fixation tourne sur l'axe. Le moteur, pas tout à fait étanche, n'était pas loin de passer à l'eau...

Nous testons également quelques ailes et techniques de lancement sur la plage.



Jeudi 14 Juin 2018, Kersidan, 5 à 10kt, race kite 12m2
Le vent fort du matin nous a fait un peu peur (et puis pas mal de point à régler sur le bateau). Nous sommes donc partis dans l'après-midi mais le vent était déjà tombé et repasser un peu offshore. Au début incapable de décoller l'aile de la plage. J'y arrive finalement en courant un peu, mais au moment de monter sur le bateau, l'aile décroche, je tire sur les lignes avant et le chicken loop se décroche de mon harnais... Retour à la plage. Trevor tente sa chance. Il décolle l'aile et me rejoint en nage tracté sur le bateau. Nous sortons de la baie sans transférer le kite au point d'accroche du bateau. A un moment l'aile décroche, puis se regongle. Trevor fait un bond en avant. Comme par miracle il finit à cheval sur l'avant d'une des coques...
Nous essayons de continuer à naviguer, mais le vent est au alentour de 5kt et nous sommes incapable ne serait ce que de garder l'aile de 12m2 en l'air.  Retour à la plage tracté par Armorkite 2...

Vendredi 15 Juin, Pays de la Loire, 15-18kt, camion...
Le vent annoncé était faible, mais le thermique d'Ouest s'est finalement levé. Nous avons pris la décision d'aller naviguer à la Baule.
La direction du vent force à aller vers Pornichet, où de nombreux kites s'éclatent dans un petit shore-break. Cependant impossible de trouver un e mise à l'eau directement sur la plage (on apprendra le soir lors d'un apéro Newkite qu'il y en a un vers le golden au milieu de la baie).
Du coup on décide de continuer vers St-Brévin. Mais en arrivant, on voit les derniers kiteux qui rangent le matos... Le vent est déjà tombé ici. Et le shorebreak à marée haute sur la cale, ne permet pas de mettre à l'eau. Sur les conseils du local Germain, nous essayons d'aller voir du côté de l'estuaire. L'accès est fermé par un cadenas, le vent est faible et nous avons un doute sur les bancs de sables devant. Nous retournons à Pornichet, où le vent n'est pas encore tombé, mais ça sera juste pour l'apéro...

Samedi 16 Juin, St-Brévin, 10-15kt, LEI 14m2
Nous testons de nouveau le moteur électrique à Quimiac le matin, ainsi que notre capacité à revenir à la rame. Cette fois tout se passe bien.

L'après-midi nous décidons d'aller à St-Brévin afin de permettre à Germain de naviguer avec nous.

Le vent est toujours là cette fois, mais le shorebreak aussi. On teste donc une nouvelle technique qui consiste à installer les foils à terre quand le cata est sur la mise à l'eau. Grâce aux berceaux de mise à l'eau séparés pour chacune des coques, cela est envisageable.
Pendant que Germain tient le bateau, Trevor décolle son aile, l'accroche à son harnais. Je monte sur le cata, et l'aile à monter sous le vent à l'avant du foil.
Nous partons ainsi, les safrans à moitié baissés.

Une fois au large, nous transférons l'aile du harnais de Trevor au point d'accroche du bateau, puis nous calons les foils en position basse.

Le vent faiblit un peu mais nous arrivons cependant à faire quelques vols.

Tout à cas, nous apercevons un nageur accroché à une bouée, presque au bout du chenal. Est-il en perdition? Non, il s'agit de Germain qui est parti à la nage pour faire l'échange. Nous le récupérons et faisons quelques bords à trois pour lui expliquer le fonctionnement du bateau, puis je rentre à la nage.

Dimanche 17 Juin, Sorlock, 12-18kt, Racekite 12m2

Le temps est un peu gris à Quimiac. Le vent se lève cependant.

Nous testons de nouveau l'installation des foils sur la plage. Trevor décolle sa 12m2 sur la plage, monte sur le bateau, et c'est parti. Nous sortons de la baie et transférons le kite sur le bateau. Puis nous descendons les foils. Le vent est fort, le clapot assez formé. Nous commençons par remonter au vent pour nous éloigner des bouchots, puis nous commençons à naviguer.
Nous volons un peu, mais on a encore l'impression de manquer de puissance, surtout avec ce clapot. De manière surprenante, c'est presque au près, face au clapot que l'on arrive le mieux à voler, le bateau ne touchant presque pas le clapot.
Le vent continue à faiblir. Trevor me passe l'aile. Mais lors de l'empannage, je surborde l'aile qui décroche. Je relâche la barre. L'aile repart à toute vitesse entraînant une forte traction. Quelque chose casse. Nous ramenons l'aile à bord et rentrons à la rame...

Lundi 18 Juin, Sorlock, 10-18kt

Le soleil est là vers midi, mais pas trop de vent (en accord avec la météo). Je tente une sortie en kitefoil, vole un peu, mais le vent retombe, retour à la plage.
Trevor teste sa 16m2 monopeau sur la plage. Mais un problème de bridage, lui fait perdre le contrôle de l'aile qui le tire jusqu'à un groupe de personne qui vient de s'installer sur la plage...
Trevor est un peu bouleversé, et malgré le vent qui monte n'ose pas redécoller une aile sur la plage. Je repars pour une très bonne session de kitefoil, mais encore une session de kiteboat de raté. Heureusement, il y aura d'autres occasions.

Mardi 19 Juin, le Pyla-sur-Mer, 15kt, LEI 14m2
Après être passé voir Yves Parlier et ses collègues de Beyond The Sea, nous partons bien conseillés vers le Pyla-Sur-Mer, à la sortie du bassin d'Arcachon.
Le vent est bien là, une quinzaine de kt side. Le courant aussi, 2-3kt opposés au vent.
On part avec la 14m2. On essaie d'abord d'accrocher le bateau à une bouée de mouillage, mais avec vent contre courant, on n'arrive pas à garder le bateau dans la direction que nous voudrions.
Retour à la plage. Fred qui a un cata au club du Pyla nous file un coup de main pour tenir le bateau afin de pouvoir faire un départ depuis la plage.  Nous zizaguons entre les différents bateaux, jusqu'à être en eaux libres. Nous transférons le kite de Trevor au bateau et nous descendons les foils en gardant l'aile en l'air. On commence à prendre l'habitude.
Grâce au courant qui nous remonte vers le bassin, nous naviguons en permanence au portant, que du bonheur. Nous faisons enfin les premiers vols prolongés de manière stable. Le vent faiblit cependant un peu, et Trevor a besoin de faire un peu plus de pilotage dynamique. Mais l'aile s'est un peu dégonflée et se plie régulièrement. Nous décidons de rentrer. Nous avons cependant un peu de mal à descendre sous le vent à cause du courant.  On se met travers au vent et Trevor continue à faire du vol en dynamique. On arrive à progresser face au courant, mais au moment de revenir au travers, l'aile tombe. Trevor roule range rapidement le gréément pendant que je commence à ramer pour slalomer entre les bateaux vers lesquels le courant nous pousse. Ca passe!



Mercredi 20 Juin, Audenge, 10kt

On profite de la petite plage d'Audenge où il n'y a personne pour tester l'aile monopeau de 16m2. Trevor a corrigé le bridage et l'aile vole très bien. Lorsque l'aile n'est pas bordée, les oreilles ne se gonflent pas et flotte dans le vent. Il faut bien border pour que les oreilles se gonflent, l'aile devient alors très puissante et vole presque au zenith, malgré le peu de vent.
Nous testons également la 21m2. L'aile vole vraiment au zenith. En la dégonflant on se rend compte à quel point elle est énorme (près d'1m d'épaisseur?) et renferme une quantité d'air phénoménale. L'opération est déjà délicate à terre, et nous n'envisageons d'avoir à la faire en mer, notamment dans une situation d'urgence. Nous allons ensuite au Pyla-sur-Mer, mais pas de vent.