jeudi 21 juin 2018

Tour de France (et un peu plus)

Ca y est je suis parti dans un petit tour de France kiteboat avec Trevor Jack. J'avais préparé il y a quelques temps une liste de personnes à rencontrer, un peu brouillon.


Paris
Maurice Grenier Voile Cerf-volant

Nord
Opale RC
WindEEPP
SkyChaser
Eric Harlé

Normandie
Frère Durand

Bretagne
Energy Observer

IRenav
ENSTA (Nedeleg, Morgan Behrel)
Christophe Ballois
Anne Quéméré
Armorkite

Charles Boulanger
Martin Fischer
Christophe Guigueno
Fred Monsonnec
ENVSN

Charles-Henri Viel

Thomas Le Gall

Pays de la Loire
Germain Beltz
Nicolas Desprez

Christophe Martin

Aquitaine
Olivier Normand
Odyssey kite fishing
Yves Parlier
Gurval Lego

Toulouse
SeaWing (Airbus)
Kite Surf Voilier

Languedoc Roussillon
Armant Torre
Eric Pélaprat
KiteTender


Sud Est
WEZR
Stéphane Rousson
Emmanuel du Pontavice (K-Epsilon)
Rogelio Lozano
Groupe Kite Grenoble

Luc Armant

Pierre Benahiem

Suisse
Yves Defrei
Nils Frei

mercredi 2 mai 2018

Catamaran volant au Lac de Garde

Un petit message pour faire part du projet de Trevor Jack (découvrir son portrait dans le dernier article) de venir en Europe cet été notamment à l'occasion de la Foiling Week sur le lac de Garde (pas loin de Vérone, en Italie).

Cet évènement était pendant quelques années l’évènement pionner autour du foil, qui rassemblait les passionnés du monde entier. Si aujourd'hui bien d'autres évènements apparaissent partout en France (Foiling Bay, Semaine Affoilante, les Foils Journées, Finist-Air sailing, ...) et dans le monde (Miami, Sydney, ...), la Foiling Week Garda reste probablement le rassemblement le plus international.

Trevor qui développe le kiteboat depuis quelques années, a notamment développé un catamaran volant dont les vidéos ont retenu l'attention de Luca Rizzotti, créateur de la Foiling Week.

Foiling Kite powered Nacra 5.8 from Trevor Jack on Vimeo.

Le concept, issu des différentes expériences de Trevor est le suivant :
  • un catamaran sur 4 foils toujours enfoncés pour avoir un maximum de stabilité en roulis (et pas de problème de couple de rappel avec un kite).
  • 2 foils GlideFree devant, équipé de palpeur derrière le foil avec tringlerie intégrée dans le mat du foil,
  • 2 safrans équipés de plans porteurs à l'arrière,
  • un système de bout et palan pour régler la position du point de tire,
  • un kite standard,
  • une barre de kite standard  (avec les lignes avant sortis de la barre, pour pouvoir mieux se placer sur le bateau).
Le tout donne un bateau très stable, ayant très peu de risque de chavirer grâce à l'utilisation du kite, et rendant le foil accessible sans danger à presque n'importe qui. Les performances sont très satisfaisantes (20kt facilement atteint), même si l'accent n'est pas sur la performance. Trevor a même rajouter un moteur hors bord au bout de la poutre arrière, ce qui permet de pouvoir rentrer en sécurité.

Trevor est prêt à faire le déplacement depuis l'Australie, mais il peut difficilement faire ramener son nacra 5.8, un catamaran de sport qui a eu beaucoup de succès en Australie et qui a servi à la base de son kiteboat.

Il cherche donc un catamaran pouvant se prêter aux mêmes transformations, relativement légère, que celles qu'il a effectué sur son nacra, à savoir :
  • installation de safran avec T-foil
  • adaptation de foils GlideFree à la place des dérives
  • installation d'un système de bouts et palans pour le contrôle du kite
  • plus léger que le nacra 5.8 (130kg à 200kg selon les sources?).
Trevor pourrait venir avec ses foils GlideFree.

Les contraintes sont les suivantes :
  • puit de dérive suffisamment grand pour accueillir les foils GlideFree (NACA64010 - 203mm de corde, 20mm d'épaisseur.
  • puit de dérive, ou renvoi d'effort suffisamment costaud pour supporter la charge verticale
  • capacité à porter 2 personnes (un barreur et un pilote de l'aile).

Une solution serait de trouver un nacra 5.8 (16 000€ neuf) qui avec un peu de chance doit pouvoir se trouver d'occasion à moins de 2000€.

Mais l'idéal serait de pouvoir récupérer un bateau déjà volant, déjà équipé de plans porteurs sur les safrans et sur lequel on pourrait adapter les foils GlideFree (relativement bon marché) .
Dans cette catégorie on trouve :

Une autre solution et de trouver un cata déjà équipé de foils mécaniquement régulés, mais ces bateaux restent rares (et chers)...
Nous avons déjà quelques pistes, mais si vous avez des idées, n'hésitez pas!

Des propositions de coup de main pour effectuer les modifications ou tester le bateau (peut-être en Bretagne avant d'aller au lac de Garde, ou directement sur place) sont aussi les bienvenues!

N'hésitez pas à parler de ce projet autour de vous, et à partager vos commentaires ici.

Merci!



lundi 30 avril 2018

Les protos de Trevor Jack

Dans la catégorie portrait d'acteurs du développement du kiteboat, je vous présente aujourd'hui Trevor JacK.

Je n'ai pas encore eu l'occasion de rencontrer Trevor, qui habite en Australie, mais nous avons déjà eu maintes occasions d'échanger sur nos expérimentations depuis fin 2016. Une partie de nos échanges est accessibles sur la mailing list robokite, ici et là.

Trevor sera par contre peut-être bientôt en Europe à l'occasion de la Foiling Week au Lac de Garde (objet d'un futur article complet).

Déjà en 2014, Trevor testait un petit proa tiré par une aile de kite et utilisant une paravane SeaGlider comme surface anti-dérive
Et déjà, il partageait ces expérimentations, qu'elles soient bonnes ou moins bonnes sur Viméo.
Kite proa - shunt & Seaglider from Trevor Jack on Vimeo.

Puis un peu plus tard, un canoé (kiteski) transformé en trimaran à l'aide de 2 petites coques.

Le tout agréémentés de vidéo embarquée ou prise par un ami kitesurfer et généralement avec quelques commentaires permettant de comprendre l'essence de l'expérimentation.
Tandem surf ski with outriggers under kite power from Trevor Jack on Vimeo.

Trevor s'intéresse dés le début à des systèmes de contrôle, notamment électronique, qui permettront un jour de piloter des ailes plus grandes sur des plus grands bateaux, et innove dans ce domaine, par exemple avec ce système de trim (border/choquer) au niveau de l'extrémité de l'aile, fonctionnant avec un "petit" moteur de 60W seulement.
WTKC2 Ground from Trevor Jack on Vimeo.

Après quelques tentatives infructueuses, Trevor modifie son proa en 2015 et arrive finalement à naviguer de manière très satisfaisante sur son proa. Le seaglider a été remplacé par une dérive foil sous la petite coque au vent. Celle-ci permet à cette coque d'être soulevé hors de l'eau, alors que l'étrave de la coque sous le vent est soulagée par le kite.

Foiling Kite Proa from Trevor Jack on Vimeo.

Le bateau est symétrique et n'est pas équipé de safran. Le changement de direction se fait en déplaçant le point de traction grâce à un winch est un mécanisme de poulies, comme décrit dans un schéma dans la vidéo.


Trevor a heureusement de nombreux amis (Marshall, Alex, Graham) pour le suivre dans ses expérimentations et barrer pendant qu'il pilote l'aile (ou l'inverse). Mais il cherche également à obtenir une aile stable.
Orange Rocket tethered on short lines to park bench from Trevor Jack on Vimeo.

Un autre axe de recherche et de trouver une aile qui puisse s'adapter à une plus grande plage de vent grâce à une prise de ris en cas de vent fort, que ce soit en ramenant l'aile à terre, ou directement en vol.
Reefed uniq from Trevor Jack on Vimeo.

DynamicSSReef from Trevor Jack on Vimeo.

Pour le vent faible, il s'intéresse aux ailes monopeau, encore plus légères que les ailes à caissons.

Blue6sqmTest20151103 from Trevor Jack on Vimeo.

Et pour avoir encore plus de puissance, pourquoi ne pas faire un train de cerf-volant, toujours avec le souci de pouvoir réduire/augmenter la voilure, sans l'enlever complètement.
 
Single skin kite experiments - mast launch and stacking from Trevor Jack on Vimeo.

Trevor a un soucis constant de mesurer la performance, que ce soit la position du centre de pression de l'aile, ou le rapport traînée/portance d'une aile (même si la procédure reste critiquable, le poids perturbant la mesure au zenith).
Cela n'est peut-être pas sans rapport avec sa profession d'actuaire.
ASV17_520151107 from Trevor Jack on Vimeo.

Depuis un peu plus d'un an, Trevor passe aux choses sérieuses avec KitetiK, un proa de chez Harryproa de rien moins que 15m de long...

KitetiK Maiden Sail from Trevor Jack on Vimeo.

Trevor souhaite un jour proposer des promenades pour tout le monde sur ce bateau à moitié volant (graĉe à un foil en T glidefree sous le petit flotteur au vent).

Pour cela, il travaille sur l'automatisation des winch qu'il commence à tester sur l'eau (mais pour l'instant encore à l'ancre...), afin notamment de pouvoir lancer l'aile depuis le bateau.


Une utilisation de visseuse-dévisseuse qui me rappelle quelque chose...

Mais il imagine aussi un bateau complètement volant, et de l'idée à la réalisation, il n'y a (presque) qu'un pas pour Mr Jack qui installe deux T-foils GlideFree sous un nacra.

Foiling Kite powered Nacra 5.8 from Trevor Jack on Vimeo.

Malgré les 130kg du bateau, ça vole (et ça va vite, de manière confortable)!




Au niveau de la sécurité, il assure grâce à une petit moteur hors-bord, même sur le nacra, où il est astucieusement fixé sur le côté dans le prolongement de la poutre arrière.

Trevor détaille maintenant ses navigations en kiteboat sur le site web de son école de kite

mardi 3 avril 2018

Petites infos

Voici quelques news accumulées depuis Septembre, donc plus vraiment fraîches...
Un peu le bazar, sûrement des erreurs, mais je publie ainsi, avec peut-être un peu de tri plus tard...

Silicon Valley
Voici un article parlant de l'environnement autour du foil et de l'intérêt des patrons des GAFA. On en apprend un peu plus dans cette interview de Don Montague


Energy Observer
Voici des articles (MerEtMarine PresseOcéan VoilesEtVoilier) parlant de l'aile de kite qui était très attendue pour la traction du navire, mais également pour la production d'électricité via les hydrogénérateurs. On voit notamment une photo du treuil dans l'article V&V.

Kitelab
Le kitelab était présenté au Finist'Air Sailing

Delft
Voici le lien vers un moteur de recherche permettant de retrouver les différentes thèses de l'université

Gyroboat
Un descendant des Bergeronnettes allemandes, mi autogire, mi kite, mi ski nautique



Makani
Après une vidéo plutôt basée sur l'émotion et qui laissait des doutes sur la réussite des tests, Makani publie une vidéo complète d'un test, mais avec quelques mois de retard, ce qui entretient certains doutes sur l'état actuel du projet, que quelques crashs pourraient mettre au sol.




AWEC/AWESCO
L'AWEC (Airborne Wind Energy Conférence) s'est déroulée les 5 et 6 octobre  2017. Quelques news sur le groupe linkedin
ou lien direct vers les présentations

Retombera/ retombera pas?
On a souvent tendance à s'imaginer qu'un cerf-volant une fois lâché finira par retomber. C'est sans compter sur les effets d'ascendances, de gradient horizontal, ou du poids de la ligne qui peut faire la faire traîner sur le sol.
Une petite vidéo amusante illustrant ceci. Parfois les conséquences peuvent cependant être tragique, la ligne du cerf-volant pouvant se transformer en arme de destruction massive comme nous le rappelle l'histoire.


Libertykite
Quelques images des tests des ailes Libertykite sur le bateau la Mie Caline aux Sables d'Olonne.

Et aussi une page sur Merinov, le projet de Beyond The Sea au Canada



Kite tender
Essais du kitetender le dériveur qui va bien par Bateaux.com



KAUST
L'université saoudienne s'intéresse à l'énergie éolienne aérienne qui pourrait couvrir 75% des besoins en énergie de ce ces régions du Moyen-Orient.


ftero
Encore une spin off de l'université ETH Zurich qui a réussi un beau crowd-funding.


Dave Culp
Déjà évoqué sur ce site, le site de ce pionnier abrite un pan de l'histoire de la traction par kite.

Coque+ Kite = kiteboat
Kiteboat Session One ! from BzX Corp. on Vimeo.
Plus d'info ici sur le forum des ailes à caisson
http://www.lesfoilz.com/phpBB3/viewtopic.php?f=24&t=3177 
Ou encore avec une coque de Lynx
Kite-Boat Lynx Pulsion Aout 2016 Almanarre from regis-de-giens on Vimeo.
Ou un radeau gonflable?

Voile Cerf-Volant : CDkite
L'ancêtre de la Birdkite


The Sea Cleaners
Un projet pour nettoyer les plastiques des mers : pourquoi pas une traction par kite


Eolien
Une éolienne qui part en morceau ça donne ça

KiteX
La chaîne youtube d'Andreas Okholm
Petits moyens, mais belle réussite
Et une présentation avec quelques crashs

Christoph Sieg
Voici une conférence sur l'AWE pour le pilotage d'un kite. Intéressant notamment à partir de 19'. où l'on voit quelques crashs... Ce qui est utilisé pour justifier l'utilisation de petites unités de test DIY et d'un code ouvert basé sur ardupilot/pixhawk. La solution retenue pour le treuil est ici aussi... une canne à pêche.

https://media.ccc.de/v/34c3-8877-drones_of_power_airborne_wind_energy
Et voici le lien vers la page de l'équipe avec les liens vers les différents répertoires open source

Low cost
Au top du low cost...


KPS
Un joli nouveau site, et toujours une belle couverture médiatique.
http://www.heraldscotland.com/business_hq/company_news/15711989.How_a_Glasgow_firm_is_using_kites_to_help_meet_electricity_needs_in_the_developing_world/
http://www.kps.energy/?lipi=urn%3Ali%3Apage%3Ad_flagship3_feed%3BT8emay9nQPCg62ygk%2BdDBg%3D%3D

Daisy
Bons résultats de Roderick Read



Kitelab
http://www.ensta-bretagne.fr/index.php/actualite/reduire-la-consommation-de-carburants-des-navires-grace-a-la-propulsion-velique/?lipi=urn%3Ali%3Apage%3Ad_flagship3_feed%3BJu2wJpyZStaj53seThWHYA%3D%3D

http://www.sudouest.fr/2018/02/02/parlier-au-dela-des-mers-4166481-2733.php

http://www.ensta-bretagne.fr/images/file/08_presse/RP2017/CP-ENSTA%20Bretagne-BeyondtheSea-de%20Brest%20a%20Rimouski-15dec2017.pdf

http://www.theses.fr/s135965
http://www.theses.fr/s126502



https://arc.aiaa.org/doi/abs/10.2514/1.31604


Ocean Kite Project
Un projet d'un petit kite trimaran visant à battre le record de l'Atlantique en kite qui était d'après eux en 54 jours.

Germain Belz
Et pourtant le nouveau record doit être maintenant à 39 jours grâce à Germain [ouest-France]


Kitewinder
https://kitewinder.fr/wp-content/uploads/2018/01/Kitewinder-APS2070.jpg

Race For Water
V&V boatindustry


PacificSkyPower
Un nouveau micro système produisant de l'électricité

lundi 1 janvier 2018

Sous l'orage

Ce matin pour bien débuter la nouvelle année, je me suis imposé un petit footing, quelque soient les conditions météo, en préparation physique et mentale d'une future transat, sur laquelle on ne peut pas vraiment choisir les conditions météo. Tout au long du trajet, alors que la pluie se faisait plus drue, le vent plus violent, et l'orage de plus en plus oppressant, j'ai beaucoup pensé à Germain Belz, actuellement seul sur son kiteboat au milieu de l'Atlantique, l'aboutissement d'un projet d'une bonne tranche de vie. Germain fait partie de ces pionniers discrets, partant sans fanfare, et donnant peu de nouvelles, ce qui pourrait parfois être angoissant pour ceux restés à terre.
Nous serons probablement nombreux à suivre son sillage sur l'Atlantique dans quelques années, à l'occasion de la Mini-Transat par exemple, sur un descendant de VaCiLie (Armorkite) ou autre kitimini.

Afin de préparer ce futur proche, je souhaite cette année dédier une partie de mon temps pour m'investir dans la navigation en kiteboat. Pour cela, je recherche un partenaire d’entraînement régulier en Loire-Atlantique, et des idées pour un généreux sponsor, en phase avec le projet.

PS : et d'un point de vue technique, la foudre semble une limitation pour le kiteboat. Pourquoi ne pas imaginer un deuxième cerf-volant pouvant servir de paratonnerre? Des volontaires pour faire quelques tests ;-) ???

dimanche 17 septembre 2017

Armorkite

Dimanche 30 Juillet : Essais Armorkite (kisskissbank)

Jean-Pierre et moi avons retrouvé Maxime devant la capitainerie de Port-Haliguen.
Nous découvrons le bateau presque à la sortie du port, à couple d'un autre bateau.


Le bateau sans mât surprend les passants

Les redans sur les côtés de la coque peuvent apporter une stabilité supplémentaire au bateau.lorsqu'il gite fort.

On attrape les haubans pour passer la filière du premier bateau, mais au moment de passer sur le bateau kite, plus de hauban pour s'accrocher. Heureusement le bateau est stable, plus bas et sans filière, donc pas trop de soucis pour embarquer, malgré la perte de repère.

Emma et Guillaume, navigateurs de la veille, nous aide à dérouler les lignes sur le ponton afin de vérifier la longueur des lignes, et préparer les réglages pour l'aile de 18m². Nous roulons ensuite les lignes sur l'enrouleur, moulinet de pêche au gros XXL accueillant les 4 lignes (plus que 3 après le Y où 2 des lignes se rejoignent) à la fois.

Les passants et voisins de ponton sont intrigués par ce mini bateau (6m50, d'où le nom AK650) sans mât. Le bateau de la capitainerie vient s'assurer que la nuit précédente a bien été payée. C'est bien ok, il y avait probablement un doute vu le nom "ArmorKite" écrit en gros sur la coque et différent du vrai nom du bateau, "VaCiLie", contraction des prénoms des muses de nos hôtes.

Après une courte explication du fonctionnement du bateau, nous rangeons nos sacs dans la cabine avant (je ne suis pas rentré à l'intérieur pour voir si je rentrais), Maxime démarre le moteur, on largue les amarres et nous voici partis.

Maxime réalise un beau demi-tour au moteur, ce qui met en confiance sur la pratique de notre skipper du jour.

Nous quittons le port, jusqu'à être un peu plus au large, hors du trafic et du dévent de la côte.

Maxime à la barre du moteur 6CV (à l'arrière bâbord). A noter aussi, les pare-battages qui se transforment en coussin.

Maxime coupe le moteur, et jette l'ancre flottante à l'eau, nous voici en dérive lente vers le large, poussé par le vent.

L'ancre flottante attachée à l'arrière tribord

Maxime nous propose de choisir entre la 12m² et la 18m² (la 25m² étant en réparation). Le vent n'est pas très fort (10 à 15kt), mais par prudence, je propose de prendre la petite. Maxime sort l'aile de la cabine et commence à regonfler les lattes (pas de one pump sur cette vieille aile). Avant de gonfler le boudin principal, on retourne l'aile et une personne la maintient au dessus du pont. L'aile est donc maintenu à l'envers par rapport à la position classique utilisée sur la plage pour gonfler l'aile, mais dans la position utilisée pour poser l'aile sur la plage. Une autre personne commence à gonfler l'aile. Une petite astuce permet à l'embout de sauter, juste quand la pression est suffisante.

Gonflage de l'aile


Une fois l'aile gonflée, une personne continue à la tenir en la décalant d'un côté ou de l'autre afin qu'une autre puisse attacher les lignes aux extrémités de l'aile. Une fois les 4 lignes attachées (pas de 5ème ligne sur cette aile), l'aile est mise à l'eau et poussée sous le vent par le vent, plus vite que le bateau retenu par l'ancre flottante.
On déroule ensuite les lignes : une personne tourne la manivelle pendant qu'une autre "tire" les lignes vers l'extérieur du système, vers le kite pour l'aider à partir et ne pas avoir de mou dans les différentes renvois (sinon attention aux nœuds!). Les frottements sont en effet important car certains systèmes peu fiables ont été doublés, ou des renvois manquants. Cela devrait bientôt être amélioré. En attendant, une bonne communication est pour cela nécessaire (nous avons au début eu des difficultés de vocabulaire sur les actions à réaliser).

Manivelle du winch


En théorie, une fois les lignes déroulées (longueur arbitraire), on décolle l'aile à partir de l'eau, comme en kitesurf.

En pratique, le vent est faible et le lancement ne fut pas si facile avec la petite aile. La difficulté principale dans ces conditions étant de retourner l'aile pour que le boudin ne soit plus en bas.

Différentes techniques furent essayées avec plus ou moins de succès :
  • Tendre les deux lignes arrières à la fois en lâchant complètement les avants afin de décoller l'aile en marche arrière, puis de lui faire faire demi-tour, avant de repartir en marche avant en relâchant les lignes arrières.
  • Alterner des tensions sur une ligne arrière, puis l'autre afin de faire osciller l'aile en milieu de fenêtre en profitant de son inertie, jusqu'à la faire basculer
  • Reprendre de quelques mètres les lignes avant puis les lâcher d'un coup afin de détendre les lignes et permettre au vent d'aider le cerf-volant à basculer sur son dos.
  • Utilisation de la 5ème ligne pour faire basculer l'aile sur le dos
Afin de pouvoir réaliser ces manœuvres, les lignes furent prises directement à la main (avec tout de même une paire de gants/mitaines de protection, afin d'avoir plus d'amplitude de mouvement qu'avec les poignées et un meilleur ressenti.
L'aile fit parfois des tours sur elle-même, autour de l'axe des lignes, ou d'avant en arrière. Cela finit par compliquer le pilotage, et contrairement à une barre de kite classique, il n'y a pas moyen de défaire ces tours une fois en l'air (à moins de faire des kiteloops).

Une difficulté supplémentaire venait du fait que le trim n'était pas réglé pour la 12m2 est que nous ne connaissions pas son réglage. Le pire était lorsque l'aile n'était pas assez "trimmée". Dans ce cas, l'aile était surbordée même en lâchant complètement les lignes arrières, et avait tendance à partir en marche arrière (donc difficile pour décoller).
Une aile trop "trimmée" était plus facile à décoller en prenant les lignes en direct. Afin de reprendre le contrôle avec les poignées, il faut cependant faire le réglage en relâchant les lignes avant une fois l'aile en l'air.

Le pilotage de l'aile est assez similaire à ce que l'on peut faire en kitesurf. L'aile a peut-être besoin d'être plus bordée (en tout cas la 12m2, trop petite) pour avoir de la puissance supplémentaire.

Le barreur peut aider au pilotage de l'aile. La règle générale est d'avoir les lignes à environ 45° du bateau, jamais plus. Cela donne par exemple un bon repère pour le près quand l'aile est sur le côté de la fenêtre de vol. Au cas où l'aile repart dans la fenêtre pour une raison ou une autre (trajectoire, aile surbordée), il faut abattre pour la suivre. Sans cela la traction de l'aile peut devenir trop forte et faire gîter le bateau, ou endommager du matériel.

Nous avons eu le problème une fois où l'aile est repartie de l'autre côté de la fenêtre de vol suite à une erreur de pilotage. Malgré une action rapide pour suivre l'aile à la barre, l'aile s'est retrouvée à plus de 90° de l'axe du bateau, stoppant le bateau vers l'avant et stoppant également sa rotation, la barre ne permettant plus de manœuvrer. Nous avons entendu un claquement, mais sans constater de dégât. Ce n'est qu'en rentrant que nous avons vu que le chariot avait sauté d'un cran.

C'est peut-être une des pires choses qui puissent arriver en kiteboat, et qui a déjà conduit quelques pionniers à jeter l'éponge, le kite traversant la fenêtre pouvant conduire à un coup de gîte, un chavirement, un décollage du bateau, ou à blesser une personne se trouvant sous le vent dans le chemin de la ligne. Ici, vu que le bateau est stable, et que nous étions tout de même 3 à bord avec une petite aile et peu de vent, cela n'a pas été trop effrayant.

Une idée contre cela pourrait être d'avoir un largueur automatique, par exemple un bâton vertical qui serait poussé par les lignes au dessus d'un certain angle par rapport à l'axe du bateau.

Malgré cela, nous sommes ensuite passés à la 18m2 pour faire quelques bords avant un retour au coucher du soleil vers 22h.

Un horizon dégagé grâce au kite


Maxime chargeait ensuite le bateau sur la remorque. Le bateau en PVC/polystyrène ne pèse que 200kg ce qui permet de le tracter avec un permis B limité à 750kg, de naviguer sur tous les plans d'eau et d'éviter de payer une place au port toute l'année, ou des grutages fréquents.

D'après Maxime, l'étrave large et ronde permet de survoler le clapot

Moteur 6CV
Très pratique, il permet de manœuvrer au port, puis au bateau de filer à 9kt, et de rentrer rapidement au port après les essais ou si le vent tombe.
Par contre, les lignes se sont prises plusieurs fois dans l'hélice. Un moteur jet permettrait d'éviter d'avoir ce problème. Un moteur inboard éviterait également d'avoir des éléments aériens qui dépassent dans lesquels peuvent se prendre également les lignes. Une autre solution est d'avoir un arceau sur l'arrière (dans l'air et sous l'eau) qui va empêcher les lignes de venir en direct (mais ce n'était pas tellement le cas).
On aurait pu utiliser la motorisation pour s'aider à lancer l'aile en mettant un peu de marche arrière, en stoppant complètement la dérive du bateau, voir pour reculer un peu, mais le bateau avec le pont ouvert vers l'arrière n'a pas l'air très adapté pour la marche arrière. A vérifier, notamment pour le support du moteur, pour l'instant assez fragile, ce qui expliquait le bout de sécurité relié au moteur.

Ancre flottante
Une ancre flottante était attachée à l'arrière tribord. A défaut de permettre de faire de la marche arrière, elle permet de ralentir la dérive du bateau, en s'ouvrant dans l'eau comme un parachute. Sans cela le bateau, conçu pour glisser le mieux possible sur l'eau, avance trop vite vers le kite, et il n'est jamais possible d'avoir les lignes tendues pour décoller l'aile.
L'ancre flottante ramenée à bord.
Un bout (le bout vert) assure la traction. Un deuxième bout (le bout blanc) permet normalement de la ramener facilement en dégonflant le parachute. Malheureusement, l'ancre flottante avait tendance à faire des tours sur elle-même et au bout de quelques dizaines de tours, le mécanisme ne fonctionnait plus. Si l'ancre est attachée en un seul point, un émerillon devrait permettre d'éviter ceci. Les lignes du kite se sont également prises une fois dans l'ancre, suite à un peu de laisser aller à bord!

L'inconvénient de l'ancre flottante est que le bateau sans vitesse n'est plus manœuvrant à la barre (surtout si on oublie de descendre le safran relevable dans l'eau...).
La position d'accroche du point d'attache détermine le cap d'équilibre du bateau (tribord amure au portant dans notre cas. Du coup le bateau a tendance à se décaler à droite par rapport à l'axe de la direction dans laquelle va le vent. Le résultat est que le cerf-volant traînant un peu dans l'eau a une tendance à vouloir décoller à gauche de l'axe du vent, c'est à dire du mauvais côté par rapport à la direction du bateau.
Il serait possible de jouer sur l'angle d'équilibre du bateau en jouant sur la position du point d'attache de l'ancre flottante, soit en modifiant la position du point d'attache, soit en ayant une patte d'oie réglable et deux points d'attaches (ce qui pourrait également empêcher d'avoir des tours). Cela n'était cependant pas possible sur l'arrière bâbord à cause du moteur hors-bord.

Schéma expliquant l'équilibre naturelle du bateau lorsque l'aile est dans l'eau, et la difficulté à décoller le cerf-volant du bon côté

Une fois que le cerf-volant est en l'air, on peut enlever l'ancre flottante. Si le cerf-volant tombe à l'eau, il faut rapidement la lancer à l'eau afin d'éviter que le bateau n'avance sur les lignes, et de perdre du temps à attendre que le cerf-volant dérive de nouveau au milieu de la fenêtre de vent pour le redécollage

5ème ligne
La 12m2 n'était pas équipée d'une 5ème ligne, bien présente sur la 18m2. Cette ligne, fixée au milieu du boudin, sert normalement pour la sécurité et permet de choquer complètement l'aile lorsque les 4 autres lignes sont larguées de quelques mètres.
Mais elle permet aussi de faciliter grandement le décollage, notamment dans le vent faible. Pour cela il faut à la fois tendre cette ligne et une ligne arrière pour faire basculer l'aile sur le côté.

Bobine Do It Yourself pour la 5ème ligne
Chariot
L'utilisation du chariot permet de limiter la gîte du bateau en le descendant un peu sous le vent. Pour cela contrairement à un chariot de grand voile, il faut mettre un peu d'énergie, la position d'équilibre étant au milieu. Remettre l'aile vers le zénith facilite donc la manœuvre.

Dérives
Le bateau est doté de deux dérives sabres asymétriques. Pour l'instant, elles sont simplement équipées d'une poignée pour les remonter. Au début nous descendions les deux dérives, ce qui permet de freiner le bateau pour les débutants, comme en "chasse-neige". Pour faire un peu plus de vitesse, on ne garde que la dérive sous le vent. La dérive au vent se cale en position haute, juste en tirant un peu dessus. Il faut bien le faire, sinon la dérive finit par retomber (en général par magie au moment où Maxime dit qu'il faudrait la remettre!).
Les lignes se sont également coincées une fois dans les dérives, mais sans difficulté pour les décoincer.
La dérive se met à chanter lorsque le bateau accélère, aux alentours de 7kt puis 12kt d'après Maxime, ce qui nous a donné une petite idée des performances.

Sécurité
Le bateau est considéré comme un bateau expérimental, et n'est pas soumis à la "Div 240".
Cela permet d'aller à 6 miles des côtes. Le bateau n'a pas de filière de sécurité, mais vu le peu de gite, ce n'est pas gênant dans la partie arrière.  Il n'y a normalement pas besoin d'aller sur l'avant du bateau, mais cela pourrait arriver. Mouillage?
Nous avions à bord une VHF portable sur le canal 16, relié par un petit bout au bateau.
L'un de nous avait un couteau sur lui au cas de besoin de couper les lignes. Un étui de rangement pour un couteau de sécurité serait le bienvenu.

What is next?
Un deuxième bateau est en construction. L'objectif à terme étant une commercialisation du bateau pour permettre la pratique à tous.
En attendant, ArmorKite mise plutôt sur des formations ou des locations pour les "early-adopters" (armorkite, clickAndBoat). Pour cela Maxime et Thibaud suivent actuellement la formation de moniteur de voile qui devrait permettre la formation et la location de l'AK650 (notamment depuis que les activités liées au kite nautique ont été reprises par la Fédération Française de Voile).