vendredi 1 novembre 2024

Aile d'eau : mieux comprendre la traînée du câble.

La semaine dernière, j'ai pu vérifier que la traînée des lignes pouvait-être un vrai problème pour une aile d'eau, notamment à basse vitesse.

"Too much drag. No enough control". Historique fameux de commentaire sur le facebook de Syroco

La formule de base donnant la traînée D linéique (N/m) d'un cylindre de rayon R est bien connue :

 $$D = \rho \cdot R \cdot CD  \cdot V^2$$

$$\rho$$: densité de l'eau en kg/m3

R: rayon en m (le facteur 1/2 a disparu avec D=2R)

V: vitesse en m/s

CD: coefficient de traînée sans dimension. 

On voit ici l'importance de réduire en parallèle le nombre de câbles et le diamètre des câbles en optimisant leur section en fonction de l'effort en traction maximal visé (qui va lui même dépendre de la traînée).

La valeur du coefficient de traînée d'un cylindre infini rigide évolue avec le nombre de Reynolds. Un tableau a été établi par Lienhard

 

Coefficient de traînée '"`UNIQ--postMath-00000031-QINU`"' du cylindre infini ainsi que l'inverse de son nombre de Strouhal multiplié par 0,22, d'après Lienhard.

On peut voir qu'une variation d'un facteur 10 est à attendre en fonction du nombre de Reynolds.

Si l'on vise des vitesse de 1 à 30m/s et des diamètres de 0.1 à 10mm, on obtient un nombre de Reynolds entre 100 et 300 000 (3e5 au delà de la crise de traînée). On peut donc s'attendre à un coefficient de traînée entre 0.2 et 1.4 si le câble est immergé et considéré comme rigide.

On peut noter qu'au passage de la crise de traînée, une multiplication du diamètre par 2 pourrait conduire à une division du coefficient de traînée par 5. On pourrait donc réduire la traînée en augmentant le diamètre ! Cela semble cependant difficilement utilisable en pratique.

Plusieurs phénomènes modifient cependant la traînée :

  • dissipation d'énergie par la vibration du câble flexible (strumming),
  • ventilation : de l'air s'introduit dans la dépression créé par le sillage du câble,
  • vague d'étrave et sillage de surface.

L’occurrence de la cavitation est peu probable dans notre cas, le câble traversant la surface de l'eau, il va d'abord ventiler.


https://figshare.utas.edu.au/articles/thesis/Hydrodynamics_of_vertical_surface-piercing_cylinders/23251181?file=40975403

https://www.researchgate.net/publication/336146259_Hydrodynamics_of_Towed_Vertical_Surface-Piercing_Cylinders

Vibrations 

Dans le cadre de cylindre rigide on parle généralement des phénomènes de Vortex Induced Vibration (VIV) et de lock in.
Les choses sont un peu différentes dans le cas d'un câble flexible.

La dissipation de l'énergie (par "grattage") a été étudiée dans le cadre des sonars notamment.

n : nombre de segments du câble vibrant dans la longueur du câble

f : fréquence des oscillations

L : longueur du câble

T : tension du câble

$$m_{c}$$ : masse linéique virtuelle du câble (masse + masse ajoutée)

$$L={n \over 2f} \cdot \sqrt{{T \over m_{c}}}$$

La fréquence de Strouhal

 $$St={f \cdot d \over u}$$

avec

d: diamètre du câble

u: vitesse relative du fluide


La formule suivante a été proposée (mais pas validée par d'autres études) :

$$CDs=CD \cdot (1+10 \cdot ({d² \over m{c}})²)$$

La masse ajoutée pour un cylindre est connue, elle est égale à la masse d'eau correspondante.

La formule précédente peut ainsi être réécrite :

CDs=CD.(1+10*(d²/(pid²/4(rho + rho_water))²

CDs=CD.(1+160/pi²*(1/(rho + rho_water))²

On peut voir que l'utilisation d'un câble plus dense (acier 8 fois plus dense que le dyneema qui flotte très légremment) est susceptible de réduire la traînée d'un facteur 4 pour un même diamètre.

 

Ventilation

La ventilation est caractérisée par une poche d'air sous le niveau de la surface de l'eau mais reliée à celle ci.

On évite généralement la ventilation sur les surfaces portantes, car elle entraîne une perte de portance souvent amplifiée par un décrochage caractérisé par une hystéresis se traduisant par une perte de contrôle (le fameux spin out pour les amateurs de funboard). Pour cela mieux vaut avoir une coque au-dessus de l'appendice, empêchant l'entrée d'air. Des "fences" sont également utilisés sur les foils.

Dans le cadre d'un câble dont on veut réduire la traînée, la ventilation peut cependant nous sauver : pour une forme non profilée (comme un cylindre) elle va réduire la surface d'aspiration par l'eau sur l'arrière du profil. 

En effet, lorsqu'on regarde le coefficient de pression sur un cylindre, on constate que la surpression n'est limitée qu'à 30/45° autour du point de stagnation. Au-delà c'est une dépression. La dépression entre 45 et 90° a une composante vers l'avant qui est directement compensée par la dépression entre 90 et 135°. Comme pour une aile, on peut considérer qu'1/3 de la force est lié à la surpression et 2/3 à la dépression.

On peut donc espérer réduire la traînée d'un facteur 3, plutôt 2 en pratique.

On utilise déjà la ventilation pour réduire la traînée des coques. Les bateaux rapides ont ainsi un tableau arrière droit. A partir d'une certaine vitesse le tableau se retrouve émergé.  Cela augmente cependant la traînée à basse vitesse. L'utilisation d'un redan est un compromis permettant d'avoir du volume permettant de réduire la traînée à basse vitesse dans la partie qui va être émergée à plus haute vitesse. L'utilisation de la ventilation ne dispense cependant pas d'avoir des formes avant profilés.

La position idéale de l'aile d'eau étant proche de la surface, il semble possible d'obtenir une ventilation sur plusieurs mètres de longueur, mais de l'ordre du mètre seulement de profondeur jusqu'au foil. C'est ce qui peut-être observé par exemple sur les vidéos du projet Syroco.

Projet Syroco 
Source syroco

 

On voit que la ventilation conduit cependant à une perturbation de l'interface (sillage) et si elle réduit la traînée par rapport à un cylindre, cela ne veut pas dire que le cylindre est la forme optimale. En comparaison un kitefoiler allant à une vingtaine de nœuds, n'aura pas un tel sillage.

On constate aussi en regardant le sillage que la poche de ventilation semble plus importante sous la surface. Cela pourrait indiquer un stage de post base ventilation, indiquant que la poche de ventilation ne peut plus croître et donc qu'elle a atteint le foil.

Dans ces conditions, le coefficient de traînée est de 0.5.

La profondeur de la poche a été identifiée expérimentalement :

Hays 1947

Là encore la formule peut-être simplifiée, et on retrouve la formule de Bernoulli, avec un facteur d'efficacité réduit (0.286 au lieu de 0.5) qui doit correspondre au coefficient de pression à l'arrière du cylindre. La profondeur d'immersion ne dépend plus que de la vitesse.

$$L_{o}=0.286 \cdot {V^2 \over g}

Si on considère une profondeur du foil de 1m, la ventilation sera complète vers 10kt environ. Un coefficient correctif est peut-être à prendre en compte en fonction de l'inclinaison du cylindre par rapport à l'eau (vers l'avant ou sur le côté).

Idéalement, il serait possible de réduire la traînée encore plus en utilisant une section de carénage autour du câble permettant de réduire encore la traînée (mais le problème n'est pas simple et les solutions encore peu expérimentées).



dimanche 27 octobre 2024

Essais aile d'eau

Vendredi dernier, j'ai repris des essais d'aile d'eau !

 

Bateau support

Il a d'abord fallu trouver un bateau pour ces essais de foil tracté.

C'est le petit catamaran de plage familial démâté qui a servi de support. Pour les premiers essais, pas besoin d'aller vite, c'est pour l'instant un petit moteur électrique qui a servi et nous permettait d'aller à quelques nœuds : il n'y avait de toute manière pas de vent (pas assez pour faire du kiteboat) et nous n'étions que deux. Des essais de foil tracté plus rapides seraient aussi possibles en catamaran mâté (ou en kiteboat si nous étions au moins 3 à bord).

Le moteur électrique était fixé sur une chaise moteur (bricolage de planches de bois) monté dans le prolongement de la poutre arrière du catamaran.

Foil

Un foil de kitefoil a été utilisé (kfoil de Sroka V2). Le mât a été enlevé pour ne garder que l'avion (aile principale, fuselage, stabilisateur).

Le stabilisateur est plat, mais l'aile principale est courbée autour de l'axe x (longi), les extrémités de l'aile étant plus basses que le fuselage (ce qui permet d'éviter qu'elles ventilent lorsque le foil est fortement incliné, mais ne correspond pas à notre usage).

Le stabilisateur a un angle de calage différent de l'aile principale ce qui donne au tout un couple à cabrer. Cela peut aussi être utile pour une aile d'eau afin d'obtenir un comportement réflex (aile qui tend les lignes).

Bridage

Deux bouts de fil de fer ont été attachés autour des extrémités de l'aile principale et tenus par du ducktape pour ne pas glisser le long de l'aile.

Le foil a été utilisé de manière à ce que la portance tende le fil de retenue avec le profil fonctionnant dans le bon sens. Le dièdre est alors inversé, ce qui rendrait le foil instable s'il n'était attaché que sur son axe central (pas vérifié).

Une patte d'oie a été attachée sur ces fils de fer et relié par un bout à une extrémité d'une barre de contrôle.  L'autre extrémité du bout a été fixée directement sur le foil, au niveau des trous pour les vis du mât, mais de manière à avoir du mou, les efforts étant repris par la patte d'oie (ce bout ne servant que de sécurité).

La longueur de la patte d'oie a été choisie de manière à être plus longue que le rayon de courbure du foil afin d'avoir un ensemble stable en roulis (par opposition au chien de mer de Didier Costes, pour lequel la patte d'oie est plus courte que la distance au métacentre, ce qui permet de réguler le foil en altitude à la surface de l'eau).

Un fil de fer a également été attaché au milieu du stabilisateur pour faire un point d'attache à l'arrière. Un bout relié à l'autre extrémité de la barre de contrôle permettait ainsi d'ajuster l'angle d'attaque et le lacet du foil (par torsion). Une longueur de ligne de 3-4 m a été utilisée.

 

Foil

 

Accroche du bout de sécurité au niveau du fuselage

Fil de fer vert autour du stabilisateur et du fuselage et bout de pilotage blanc

Bout violet sur le bord d'attaque (attaché au fil de fer sur l'extrados non visible de l'aile). Le scotch empêche le fil de fer de glisser.  Celui sur l'autre demi-aile (qui était du côté du foil en bas) a lâché lors des essais. Une couche de scotch en dessous aurait permis de protéger un peu mieux le carbone du fil de fer.

Mise à l'eau

Le lancement du foil s'est fait navire en marche. Les efforts étaient tout de suite important et pour le premier test, le foil est parti en marche arrière assez vite en traversant la fenêtre de vol jusqu"à se retrouver complètement à l'arrière du bateau.  Peut-être faudrait il mieux stopper d'abord le bateau et commencer avec le foil en position basse, mais l'eau était trouble et la hauteur d'eau inconnue...

Le bridage avec plusieurs lignes complique la mise à l'eau. J'ai eu un emmêlage (lorsque j'ai modifié le bridage sur l'eau) et fini par défaire quelques nœuds et les refaire pour m'y retrouver.

Contrôle du foil

Même en relâchant complètement la tension sur la ligne arrière du foil, le foil ne remontait pas complètement en bord de fenêtre. Le stabilisateur a en effet un angle qui le rend déporteur ce qui a tendance à border l'aile principale (comme du réflexe sur une aile de kite). Sans tension sur la ligne arrière, impossible de diriger le foil grâce à la torsion.

Les points d'attache sur l'aile avant ont donc été avancés afin d'être sur le bord d'attaque de l'aile. C'était un peu mieux, mais la tension dans la ligne arrière restait insuffisante pour avoir un bon contrôle en torsion.

Les solutions envisagées pour un prochain essai sont donc :

Idée pour améliorer le contrôle :

  • Améliorer la tension dans la ligne arrière
    • réduire l'angle de calage du stabilisateur.
    • avancer d'une manière ou d'une autre les points d'accroche avant.
  • Contrôler le foil en roulis (comme pour un cerf-volant rigide, delta ou losange par exemple) en supprimant la patte d'oie et en reliant les deux fils sur une barre de contrôle en T

Il était cependant possible de contrôler le foil par à coup (un peu comme en kite dans le vent faible) en le faisant tourner de manière sur-bordée, puis en le relâchant une fois sur la bonne trajectoire.

 

Finesse du foil

Cela a permis de vérifier la (mauvaise) finesse de l'ensemble (le foil était à 45° vers l'arrière environ, soit une finesse de 1). Une bien meilleure finesse était cependant atteinte dès que le foil atteignait la surface et ventilait. Dur de dire si la ventilation concernait le foil ou les lignes de contrôle (une vidéo aurait été utile).

Idée pour améliorer la finesse :

  • Utiliser des fils de section 2r réduite,
  • Utiliser une baguette pour déporter le point d'attache de la partie de l'aile proche de la surface hors de l'eau et avoir un fil sur 3 hors de l'eau,
  • Utiliser un carénage des lignes,
  • Supprimer la ligne de sécu (il y a déjà 3 lignes avec des positions suffisamment extrême pour que les efforts soient réduits de plus d'1/3 en cas de la casse de l'une d'elle),
  • Utiliser un L pour avoir un bras horizontal hors de l'eau pour transmettre la charge et les efforts de contrôle. 
  • Utiliser un foil avec du dièdre afin de se limiter à 1 au lieu de 2 fils avant (la charge varie en r**2 alors que la traînée varie en r, il y a donc intérêt à minimiser le nombre de ligne).

En comparaison avec les lignes dans l'air, dans l'eau on va avoir les mêmes efforts, donc la même section, mais une densité multipliée par 1000. La taille du foil peut-être réduite d'un facteur 30, et la longueur des lignes immergées également. On a donc un facteur 30 en comparaison de la proportion de la traînée des lignes dans l'eau et dans l'air.

Les essais se sont arrêtés suite à un fil de fer sur l'aile avant qui a glissé.

Idée pour améliorer la robustesse :

  • Percer le foil (ça fait peur, c'est pas donné un foil et j'aimerais continuer à l'utiliser pour du kitefoil),
  • Utiliser un L pour avoir un bras horizontal hors de l'eau pour transmettre la charge et les efforts de contrôle,
  • pas donné un foil et j'aimerais continuer à l'utiliser pour du kitefoil),
  • Strater le foil en coinçant un point d'accroche pour la ligne,
  • Ajouter deux manchons sur les bouts d'aile avec des lignes les tendant vers le fuselage,
  • Utiliser un autre foil




mardi 22 octobre 2024

Régulation aile d'eau sous la surface

Je présente une idée d'aile d'eau avec une régulation mécanique que j'ai en tête depuis longtemps mais non partagée.

La position de l'aile d'eau idéale est proche de la surface pour ne pas trop tirer vers le bas (sauf en cas d'arrachement vers le haut).

On imagine une aile d'eau avec une aile principale prolongée par deux petites ailes à chaque extrémité. 

Ces petites ailes peuvent tourner autour de l'axe transversal de l'aile d'eau.

Grâce à un système de tringlerie, elles sont toutes les deux reliées au safran.

En navigation sous l'eau en ligne droite, les deux ailes reçoivent les mêmes efforts et le safran est droit. Si jamais l'aile d'eau se rapproche de l'eau, la demi-aile la plus proche de la surface va sortir de l'eau. Un différentiel d'effort va apparaître entre l'aile du haut et celle du bas. Ce différentiel va activer le safran et refaire plonger l'aile d'eau.

Avec un peu de chance, l'effet de sol inverse pourra permettre que cet effet soit ressenti avant même que l'aile haute sorte de l'eau.


Que se passe-t-il maintenant en virage ? Ce dispositif risque-t-il de déstabiliser l'aile d'eau? Au contraire, la vitesse étant plus élevé sur l'aile à l'extérieur du virage, cela va stabiliser l'aile d'eau pour aller droit !


Hâte de tester le jour où je deviendrai meilleur bricoleur (ou meilleure pour faire des simulations informatiques) !

Edit 27/10/2024

J'ai décrit le système à mon amie, qui a dessiné l'axe de rotation autour de l'axe x au lieu de l'axe y.

Alors que le système que j'imaginais est plus comme ceci.

Ce qui est intéressant, c'est que le système avec la rotation autour de l'axe x présente des avantages. Le profil travaille également en portance. Mais la portance va rester constante au cours de la rotation (un peu comme une hélice).

vendredi 20 septembre 2024

Barre déportée

Quelques (vieilles) images pour montrer une évolution du système de barre déportée utilisé sur L'Dorado.

Le concept a initialement été développé par Trevor Jack, on l'a fait évolué ensemble et la dernière mouture a été discutée avec Xavier Labaume mais jamais testée.

Par rapport à une navigation en kite classique, on veut transmettre la traction du kite au bateau pour une navigation en puissance. 

La solution la plus simple est celle proposée  par kitetender. Le chicken loop (standard en kite) est directement attaché à un anneau sur le pont au milieu du bateau. 

Kitesegeln
Système du kitetender. Source


Cependant le faire dès le départ sur la plage peut parfois être compliqué, soit car le vent est irrégulier soit car il est difficile d'accéder à la plage avec le bateau.

Le système présenté ci-dessous présente deux évolutions :

  • Possibilité de transfert de la traction du kiteur au bateau
  • Possibilité de séparer la position du point de traction (lignes avants) de la position du pilote (généralement lignes arrières)

 Transfert de la traction du kite

Il est donc fréquent sur les petits kiteboats de commencer par accrocher l'aile au pilote, qui va décoller l'aile (avec la mobilité permettant de parer aux déventes en courant vers le vent). Une fois l'aile en l'air, le bateau est mis à l'eau par l'équipier, le pilote monte à son tour sur le bateau qui peut alors s'éloigner du bord (avec toujours un risque d'éjection du pilote...). Parfois le bateau reste même au large car il y a trop de vagues, et le pilote le rejoint par exemple en twintip, puis monte à bord.

Il faut ensuite transférer la traction du kite sur le bateau. Cela peut-être fait en décrochant l'aile du kiteur, mais c'est risqué car l'aile n'étant plus attachée pourrait partir (il restera le leash s'il n'a pas été décroché en même temps et s'il est présent).

Le système présenté dans la suite permet de parer à cette éventualité en permettant d'attacher l'aile au bateau en parallèle sans se décrocher. Comme en escalade l'idée est d'avoir deux mousquetons sur un anneau. Il faut toujours qu'au moins un mousqueton soit attaché (on pourrait aussi avoir deux anneaux et un mousqueton, mais cela présente un risque à l'ouverture du mousqueton).

Dans notre cas, l'anneau est donc en bas des lignes avant du kite (lignes reprenant la majorité de la traction).

Un mousqueton est accroché sur un chicken loop avec largueur qui sera accroché au harnais du pilote (sécurité pour pouvoir larguer, même sous tension).

L'autre mousqueton est accroché au bateau avec une longueur de bout suffisante pour permettre au pilote de pouvoir se placer proche tout en étant à l'aise pour continuer à piloter son aile.

Une fois les deux mousquetons accrochés, le pilote soulève ses fesses pour transférer la traction au bateau et décrocher son mousqueton. Cette étape pouvant être difficile, il est possible de prévoir un palan au niveau du mousqueton du bateau pour ramener l'aile plus proche et décrocher sans soulever ses fesses.

Séparation des points d'accroche des lignes avants et arrières

Sur un bateau large comme un catamaran, on peut avoir besoin de déporter la position du pilote par rapport à la position du point d'accroche. Cela peut-être utile soit pour avoir une meilleure assise, soit pour améliorer l'équilibre ou les performances du bateau.

Une solution existante est de faire passer les lignes arrières dans des poulies de renvoi avant de les envoyer vers une barre. Cette solution fait cependant perdre les sensations de pilotage (poulie ajoutant des frottements et perte de l'information de la position du kite dans la fenêtre).

Le système proposé ci-dessous n'a pas cet inconvénient : les lignes avants ont été sorties du trou au  milieu de la barre de kite et vont directement du kite au pilote.

Cela engendre cependant un nouveau problème : pour se déplacer, il faut que le différentiel de longueur de ligne suive. Cela peut-être fait à la marge avec le système de trim du kite, mais son amplitude est en général assez limitée (même si rien ne la limite vraiment si ce n'est le risque d'un mauvais réglage. Le système de trim a donc été enlevé et a été remplacé par un système équivalent avec une plus grande longueur (à base d'un palan et d'un taquet coinceur clamcleat).

L'autre problème est le risque de perdre la barre. Pour pallier ce problème la barre est attachée au bout permettant de faire le réglage du palan dont l'extrémité est accrochée au niveau de l'anneau. Lorsque le bout de trim est lâché, le kite est loin, et le pilote proche du point d'accroche. Lorsque le bout de trim est repris, le kite se rapproche et le pilote peut se reculer sur le bateau.

Un dernier problème de cette solution est la variation du différentiel de longueur en fonction de la position de l'aile dans la fenêtre de vol.

Une solution (non testée) à ce problème pourrait être de faire passer les lignes arrières dans des petites poulies fixées sur les lignes avants. Souvent cela est fait au niveau du point d'accroche des lignes avant, mais l'idée ici est de le faire à quelques mètres au dessus du point de traction.

Le système est décrit dans les photographies suivantes :


 Harnais
 

Accrochage au bateau en parallèle

Barre accrochée pour ne pas la perdre !


Transfert de le la tension du kite vers le bateau

Décrochage pour se décaler

Navigation déportée

Quelques défauts de ce système sont déjà prévisibles, mais il faut maintenant tester ce système pour trouver tous ses points faibles :

  • pas de possibilité de faire des kiteloops et de faire tourner simplement la barre pour défaire les tours comme en kite
  • le pilote n'est plus au près du largueur