Dans l'article tresse plate incurvée, j'avais introduit l'intérêt d'une telle tresse et proposé une première preuve de concept combinant deux tresses.
J'ai réalisé au mois de décembre dernier une tresse combinant quatre tresses sur le même principe.
Tresse composée de 4 tresses basiques entrelacées, ce qui permet de courber la tresse en variant la tension entre les différentes tresses.
Il est possible que cela corresponde aux tresses fabriquées grâce à un "métier à plusieurs bandes". Les machines existantes ne permettent cependant pas de varier la tension entre les différentes bandes.
Cette entreprise a été créée dans les années 60 et utilisait des machines à tresser modernes et rapides (60m/h), mais le directeur actuel a racheté de l'ordre de 1000 métiers à tresser en bois du 19ème siècle, dont 500 spéciaux et 70 métiers à dentelle programmables (2.5m/h). Le compte instagram de l'entreprise est assez dynamique.
Des salariés, comme Tiphaine Maviel (portrait, portrait), dentellière ont été formés pour utiliser ces machines, pour la plupart récupérées dans la région du Puy-En-Velay.
Des cartes perforées sont utilisées pour programmer certaines dentelles, comme sur les métiers à tisser Jacquard. Ils sembleraient que ces machines pourraient également être programmées pour réaliser des tresses quelconques.
Partenariat avec Fiiish pour la fabrication de tresse pour la pêche
Les machines à tresser spéciales permettent par exemple de réaliser des festons ou passepoils qui pourraient correspondre à ma recherche d'une tresse dissymétrique ayant un bord d'attaque et un bord de fuite.
Une tresse dissymétrique pourrait être également réalisé avec une soutache (normalement symétrique) dont une des deux âmes pourraient être plus petite ou plus grosse que l'autre.
Il y a un showroom de SCF à Paris connu sous le nom de l'atelier de tressage
Nous avons appris à changer les fils sur un métier. Pour ça, il faut changer la cannette sur le fuseau.
On coupe le fil existant au niveau où les fils se rejoignent pour créer la tresse.
On enlève la cannette précédente.
On place la nouvelle cannette avec le côté crénelé vers le haut.
Avec
un tire fil, on passe le fil vers l'extérieur, puis vers l'intérieur,
dans le bardin, dans le poids qui maintient la tension dans le fil (en
retournant le fuseau), puis à nouveau dans le bardin et finalement dans le dernier trou.
Si le fil casse, la machin devrait normalement s'arrêter automatiquement !
Je suis finalement allé au bout de la réalisation d'une tresse à 20 brins !
Cette tresse était décrite dans le Ashley Book of Knots (ABOK) sous le numéro 3078.
De section elliptique, c'est une étape vers une tresse permettant de réduire la traînée.
Ci-dessous voici les copies des éléments du ABOK (maintenant dans le domaine public).
Track plan de la tresse. Un numéro est attribué à chaque sommet du parcours. Trois direction sont entrecroisées
Chaque space correspond à une case du métier à tresse. Chaque case contient un ou 2 brins initialement. Les mouvements décrivent le passage d'une case à une autre. Si la case de départ est impaire on prend le brin de droite et on tourne dans le sens inverse des aiguilles d'une montre (numérotation croissante). Si la case est paire, on prend le brin de gauche et on tourne dans le sens horaire. Si la case d'arrivée est de la même parité on va au plus court, sinon, on saute les brins dans la case d'arrivée.
Le métier proposé par Ashley ressemble au marudai japonais, mais des cases sont tracées, et de petits clous sans tête utilisés pour maintenir les brins en place, ce qui permet d'utiliser un grand nombre de brins sans risque d'erreur.
Des clous (ici 14cm) sont utilisés pour faire des contrepoids qui vont permettre de tendre la tresse et d'avoir de la longueur en enroulant les brins autour.
La tresse sort au fur et à mesure sous la table de tressage.
Voilà à peu près un an et demi que j'ai repris ce blog, et un an que je suis vraiment passé à 4/5 ème avec une journée par semaine consacrée à des projets perso. C'est l'heure du bilan.
J'ai d'abord passé pas mal de temps à repartir sur les bases des l'aile d'eau ou paravane, avec comme fil directeur le rêve de voler moi même avec un kite au-dessus et un foil inversé dessous. Si je pense que la version finale sera avec une régulation électronique, je suis reparti sur des bases plus simples avec des recherches sur la stabilité de forme ou sur les régulations mécaniques.
recherches historiques notamment pour essayer de retrouver les sources de l'Aile d'Eau de Luc Armant qui m'ont mené à adhérer à l'Amateur Yacht Research Society où j'ai filé un coup de main pour la mise en ligne des archives
recherches historiques à partir des bases de données de brevets et des archives déclassifiés de la marine américaine, notamment sur la réduction de la traînée des câbles sous-marin.
participation à la rédaction de l'article wikipedia Voilier des airs. Merci à tous ceux qui ont accepté de partager leurs photos (Tigrane Dubois, Gabriel Bousquet, Théodor Schmidt)
création de la page facebook Paravane Sailing Club et d'un groupe de discussion par mail après avoir pris contact avec une trentaine de personnes s'intéressant au sujet des paravanes.
encadrement d'un projet d'option d'étudiants de Centrale Nantes sur la capacité d'un kiteboat à se redresser tout seul après un chavirage dynamique qui a permis le développement d'un logiciel d'optimisation de la stabilité hydrostatique
participation à l'organisation de plusieurs conférences en ligne avec l'AYRS sur le sujet des paravanes (Alexander Sahlin, Baptiste Labat)
Finalement, ça fait pas mal de chose, mais ça manque un peu de concret. Mes freins sont probablement :
ma dispersion (même si tout tourne autour d'un même sujet)
la recherche de la perfection sur des sujets lointains d'efficacité ou de sécurité (traînée cable, redressabilité), les deux étant en fait liés, car la performance permet de réduire la puissance, et car la sécurité va permettre d'optimiser.
toujours un peu seul (mais j'ai réussi à motiver du monde pour m'aider pour fabriquer les protos ou pour les essais et rencontrer pas mal de monde, mais de manière un peu trop virtuelle encore)
probablement la peur de me retrouver avec une grande voile au dessus de la tête, du coup je fais du wingfoil...
des moyens limités, peut-être à cause d'une éthique minimaliste ce qui me pousse à réaliser les essais à petite échelle ou par des expériences de pensée (simulation and co).
L'utilisation des LLM m'a bien aidé pour aller plus vite sur le code.
Alors, toi lecteur qui a probablement croisé mon chemin cette année, que me conseillerais-tu pour la suite ?
Dans l'article câble profilé j'ai dressé un état de l'art des techniques de construction d'un câble qui permettrait de réduire la traînée d'un paravane.
Dans l'article tresse plate incurvée j'ai proposé les bases d'une (nouvelle ?) technique de tressage et réalisé les premiers prototypes à la main. J'ai également commencé à parler de la théorie mathématique des tresses.
Dans l'article machine à tresse, je me suis intéressé aux machines existant depuis des siècles pour la fabrication de tresses régulières ("2D", plate ou tubulaire) en proposant une ouverture sur des machines à tresses plus récentes programmables.
Dans l'article simulation 3D pour la conception de tresse, je me suis intéressé aux programmes existants permettant de simuler sur ordinateur le processus de tressage pour visualiser ou étudier les propriétés des tresses.
Je n'ai pas donné de nouvelles sur ce blog depuis Mars il y a 6 mois sur ce sujet, mais j'y ai consacré beaucoup de temps, m'éloignant un peu de l'objectif initial. Voici un pot-pourri.
J'ai d'abord passé du temps à essayer de mieux comprendre la théorie mathématique des tresses, notamment grâce à la lecture du livre "Le calcul des tresses" de Patrick Dehornoy. J'ai pu trouver une bibliothèque matlab permettant de réaliser certains des calculs :
J'ai bien trouvé de nombreux bouts de code en python ou dans d'autres langages, mais malheureusement, je n'ai pas trouvé de suite cohérente en python permettant de manipuler programmatiquement des tresses et j'ai commencé à développer ma propre bibliothèque python, maintenant disponible sur pypi : braidPy
Dans mes recherches, j'ai aussi compris le lien qu'il y avait entre les tresses et les nœuds, domaine dans lequel il y a encore plus de travaux mathématiques.
Du côté des amateurs, les tresses font partie des nœuds. Avant de m'attaquer à une tresse nouvelle, j'ai essayé de reproduire avec le logiciel les tresses déjà classifiées. J'ai découvert qu'il y avait une association de passionnés de nœuds, l' "International Guild of Knots Tyers" avec son site internet et son forum de discussion
J'ai découvert le fameux Ashley Book Of Knots, maintenant dans le domaine public depuis 2017. Voici la bibliographie de son auteur Clifford Warren Ashley. Il a notamment déposé un brevet
pour un nouveau type de tresse permettant d'avoir une section
quelconque (se basant sur une grille hexagonale ou sur une grille
carrée).
Pour la réalisation des tresses, il présente un métier à tresser un peu spécial. Ce métier à tisser rappel le métier japonais utilisé pour les tresses Kumihimo.
J'aimerais étoffer la bibliothèque pour permettre de contrôler une machine qui réaliserait la tresse.
On y découvre notamment que des machines proches des métiers à tisser Jacquard ("lace braiding machine"), permettaient de créer des tresses complexes à partir de cartes perforées
La connaissance de ces machines a malheureusement presque disparu. J'ai retrouvé quelqu'un qui en a modifié une pour l'utiliser depuis un ordinateur.
Edit 24/07/2026 : j'ai retrouvé un livre entier sur le sujet
Design Tools and Workflows for Braided Structures propose une méthodologie pour réaliser des tresses 2D à la surface de n'importe quelle forme 3D (avec notamment des bifurcations) à partir de 24 motifs de base. Cela fait penser au tressage des paniers.
Article très intéressant donnant une méthode générique pour obtenir une tresse tubulaire avec des bifurcations (ou plus généralement n'importe quelle tresse surfacique).
A la sortie d'un article sur le pumping en planche à voile à foil (pumping du foil), je me suis souvenu de l'idée du vélo-volant partagée sur fablabo, mais jamais ici je pense. Même sans voler, on peut imaginer d'utiliser le même type de pumping pour faire avancer un kiteboat ou un char à cerf-volant. On se sert du treuil pour ramener plus rapidement le kite vers soi et propulser l'engin.
Mais à quoi bon, si le kite vole déjà, autant mettre une aile plus grande, non ? Cela peut cependant être utile temporairement pour construire du vent vitesse ou pour monter sur des foils (comme le pumping en planche à voile qui est souvent utilisé seulement dans les phases de relance).
En fait, on n'utilise déjà un peu cette technique pour décoller l'aile en kiteboat dans le vent faible, par exemple avec une personne qui vient tirer sur la ligne de l'ancre flottante au moment du décollage pour réduire la dérive.