
L'aventure du développement des systèmes de pilote automatique de cerfs-volants : idées, technologies et applications.
Imaginez une sorte de planeur au bout d'un fil, relié à bateau très léger muni d'une dérive.
Le planeur traverse la fenêtre de vol, et grace à sa bonne finesse (en espérant que la ligne ne la dégrade pas trop) et une certaine masse acquiert de l'énergie cinétique. Avec une finesse de 15 dans 10m/s on pourrait atteindre 150m/s ou 600km/h.
Le bateau fait ancrage grâce à sa dérive, mais n'a pas besoin d'aller aussi vite que le planeur.
Arrivé au bout de la fenêtre, la traction sur le câble par le planeur permet le décollage du bateau (qui peut éventuellement avoir des ailes).
Le premier planeur, remorque le deuxième planeur jusqu'à ce que la traînée dans l'air permette d'atteindre une vitesse de 40 noeud environ. Le bateau peut alors de nouveau amerir avec moins de risque de cavitation., Le planeur fait demi-tour, retraverse la fenêtre en sens opposé, gagne de la vitesse, retraverse encore la fenêtre en repartant dans la direction initiale.
Et le cycle recommence.
On peut également imaginer que le saut soit ballistique, par exemple en rentrant les ailes pour n'avoir qu'une capsule à la traînée réduite.
De manière plus générale, l'idée est d'ici d'extirper plus d'énergie que ce que la navigation à vitesse constante permettrait (problème de cavitation ou simple limitation des finesses hydro), de stocker cette énergie (comme pour le dynamic soaring) et e la réutiliser ensuite pour aller vite et loin.
J'ai déjà parlé de cette idée à plusieurs mais sans l'avoir partagé ici.
On imagine le mât d'un foil principal (soit tout seul en windsurf, kitefoil, wingfoil soit avec un safran pour un bateau plus grand).
En bas de ce mât, une liaison pivot dans l'axe longitudinal du bateau permet de relier le mat à l'aile du foil (qui peut donc tourner en roulis).
Le foil est excentré de manière à pivoter si l'écoulement n'est pas colinéaire avec l'axe longitudinal du foil.
Si on imagine un angle de dérive, le foil se retrouve vertical du côté où va l'écoulement.
Si on imagine maintenant que le bateau a le nez vers le haut, le foil va se retrouver à l'horizontal, au dessus de l'axe de rotation et va créer une force vers le haut
Si le bateau a le nez vers le bas, le foil va se retrouver à l'horizontal, mais à l'envers, sous l'axe de rotation et va créer une force vers le bas.
Le foil travaille comme la dérive d'un bateau, mais avec une extension de la 2D à la 3D.
Ca risque d'être casse gueule si l'axe de rotation est complètement libre, mais voilà l'idée (en attendant de faire un dessin).
1 vergue horizontale est orientée vers l'arrière du bateau. Les lignes du kite partent du point de traction et à l'extrémité de la vergue avant de revenir vers l'aile.
Le bateau est mis travers au vent.
L'équipage déploye l'aile au fur et à mesure en bord de fenêtre vers l'avant du bateau (un peu comme le gonflage cobra en parapente).
Le bridage est déployé dans la longueur du bateau, ce qui permet au bridage d'être tendu et à l'aile de se gonfler correctement.
Quand on voit les vidéos de Cory Roeseler, on peut noter la grande barre qu'il utilisait et le fait qu'elle était pourvue d'une manivelle pour permettre de dérouler les lignes (reel ou unreel bar).
Différents modèles à 2 ou 4 lignes ont été développés à l'époque ou plus tard, notamment par John Bellacera
Il y a quelques années Dan Tracy de Pacific Sky Power a proposé une barre 4 lignes en crowdfunding sur kickstarter. J'ai été une des rares personnes a participé
1ère mauvaise surprise liée à ma naïveté : j'ai dû payé 88€ de TVA+11€ de droits de douane + 15€ de frais de dédouanement
Deuxième mauvaise surprise : il y a de la colle séchée sur les lignes. Beurk !
La troisième mauvaise surprise explique la précédente : plein de colle au fond du tambour, beurk!
Bon, ça ne fait pas vraiment plaisir, mais cela n'a pas grande importance.
Par contre, d'autres défaut de conception apparaissent à l'usage. D'abord les lignes qui s'enroulent en dehors du tambour si on ne les tend pas bien. On peut voir cela comme une mauvaise utilisation, mais une meilleure conception devrait permettre d'empêcher ceci, ou de bloquer en aidant à s'en rendre compte.
L'autre problème c'est l'impossibilité d'utiliser le border/choquer tant que toute la longueur des lignes n'est pas déroulée. Cela est peut-être satisfaisant pour certaines ailes très robustes, mais difficile avec celle que je teste (au début une aile à caisson 4 lignes sur 2 poignées qui n'est pas tout à fait adaptée à l'utilisation avec une barre, ou dont il faudrait que les lignes avant soient aussi renvoyés dans des poulies à mi-longueur de la barre.
Un dernier problème avec l'enrouleur est l'absence de frein. Si on lâche la manivelle, ça peut devenir dangereux ! Il y a bien un système de blocage avec un bout, mais son utilisation n'est pas aisée.
Enfin, la barre n'est vraiment pas agréable à l'utilisation. En plus du poids de la barre que l'on peut comprendre, la barre a des sortes de haubans/barre de flèche pour assurer sa rigidité. Cela rend difficile tout mouvement de la barre qui demande un effort important. Cela pourrait à la limite être vu comme un avantage car la barre se remet naturellement à zero degré lorsqu'elle est lâchée.
Pour finir ce piteux état des lieux, le câble métallique torsadé est abimé après 2 ou 3 utilisations seulement.
En conclusion, je ne recommande pas cette barre, mais je dois avouer qu'elle a le mérite d'exister !