1-enlever le mat, les voiles
2-mettre des foils dans les puits de dérive et remplacer les safrans par des foils
3-attacher un kite
Et voilà c'est parti!
Dans la réalité, c'est un peu plus compliqué, mais je vais essayer de partager ici mon retour d'expérience. Trouver une coque
Cata pour stabilité (possibilité d'avoir 4 foils)
Avec puit de dérive pour passer les foils
Assez grand pour 2 personnes
Pas trop cher
Alex Udin avait proposé de nous prêter une coque de Flying Phantom. Une super proposition mais qui demandait de faire des modifications professionnelles, un peu difficile à prévoir dans notre calendrier et avec nos moyens/temps disponibles.
-> un nacra 5.8 était disponible à Couéron à 2 pas de Nantes sur le bon coin, j'ai sauté sur l'occasion. Bateau complet 1900€ (avec remorque de route et roues de mise à l'eau bien utile, mais aussi mat, voile et spi, inutile pour nous).
Petit soucis, le bateau n'avait pas de certificat d'immatriculation. Lors de l'achat, nous avons fait un acte de vente sur papier libre. Mais j'ai ensuite vu qu'un modèle existait sur internet, et je suis retourné voir le vendeur pour le remplir. Lorsque je l'ai envoyé au service correspondant avec les pièces indiquées, on m'a renvoyé une nouvelle liste d'éléments à fournir (alors qu'on m'avait dit de regarder sur internet au téléphone...). Mon conseil : leur envoyer un mail directement pour avoir la liste des documents nécessaires!
Déplacer la coque
Il faut évidement prévoir une remorque de route, mais aussi un véhicule avec boule, une plaque, etc. Rien de très spécial ici, mais cela nous a pris peut-être 1/4 du temps de préparation (recherche d'une autre remorque, renforcement/réglage/calage des bras de support, changement de roue, graissage des roulements, déplacement des essieux, réparation des connexions électriques, réalisation d'une plaque.
Trévor déplaçant l'essieu de la remorque pour améliorer l'équilibre et réduire le risque de toucher sur les dos d'âne.
Sans oublier la remorque de mise à l'eau. Et l'achat d'un camion...
On a tout de même l'avantage de ne pas avoir de mat.
Notre attelage
Pour la petite histoire, le bras de liaison de la remorque qui avait reçu une sorte de rallonge a cassé à 30km de Malcesine (lac de Garde), après peut-être 3000km de route... On a pour l'instant sanglé une barre au dessus et sur le côté pour continuer.
La barre de liaison cassée à l'intérieur (rouille et fatigue)
Une attelle et on repart!
Pour la mise à l'eau, j'avais récupéré deux chariots séparés de chacun 2 roues. Un peu plus compliqué au début pour l'installation car les chariots avaient tendance à glisser vers l'arrière lorsque l'on tirait le bateau. Nous avons donc rajouté un bout avec des crochets permettant de solidariser les roues de la coque. Les roues n'étaient pas très larges et le bateau était parfois dur à tirer sur le sable sec.
Le fait d'avoir 2 chariots s'est finalement révélé très utile, comparé à un seul chariot avec une barre centrale. : il nous était possible d'installer/désinstaller les roues même avec les foils installés, ce qui nous permettait de monter les foils avant d'aller à l'eau (alors que Trevor avec son chariot en Australie monte les foils une fois dans l'eau, ce qui est plus difficile ici avec nos eaux parfois très troubles, à St-Brévin notamment!).
Il pourrait être intéressant de tester avec des roues plus grandes mais il risque d'être difficile de les passer sous la coque sur le côté car cela demande de les couler un peu.
Stocker la coque
Pas forcément de chose spéciale ici, mais ça prend de la place un nacra 5.8, et c'est pas facile à démonter!
Pour l'anecdote, on a été parfois au centimètre près pour passer certains portails (après avoir enlever la remorque...).
Ouf ça passe!
Réceptionner le matériel
Les foils ont été envoyés d'occasion par Trevor depuis l'Australie. "Léger" souci sur ce point au niveau des douanes. Nous n'avions pas préparé les papiers pour le transport (pour l'instant aller-retour) des foils et avons dû payer environ 1000€ de taxe pour la TVA...
Trouver les matériaux
Nous avions initialement prévu d'utiliser de l'aluminium pour fabriquer les supports des foils sur le bateau.
Mon copain Simon nous a dirigé vers Almet-metal qui vend des profilés aluminium de qualité "marine" à Carquefou. Malheureusement, pas de vente au particulier et difficile de passer par l'entreprise australienne de Trevor. Nous avons donc fait appel à Armorkite qui nous a proposé de faire la commande pour nous. Mais une difficulté supplémentaire est apparue : Almet-metal ne vend les profilés que pour une longueur minimale de 6m, alors que nous n'avons utilisé que 20cm de cornière.
Nous sommes finalement passés par le fourniteur habituel d'Armorkite (Lebihan-inox) ce qui nous a fait changer pour de l'acier inox (plus lourd et plus costaud). Nous n'avons cependant pas revu le dimensionnement de nos pièces.
Trouver les outils
Nous avions initialement prévu de faire les travaux sur le bateau dehors à côté du garage de mes parents. Armorkite qui avait déjà proposé de venir nous filer un coup de main sur place, nous a finalement proposé de faire les travaux chez eux, ce qui a été un bon choix pour travailler à l'abri de la pluie, avec des outils adaptés.
Les outils principaux :
la perceuse et les mèches inox.
la scie
clés en tout genre
le sicaflex
riveteuse
On a utilisé une perceuse à batterie, mais je pense qu'une perceuse à fil branché directement sur le 220V aurait été plus adaptée, non?
Ca y est je suis parti dans un petit tour de France kiteboat avec Trevor Jack. J'avais préparé il y a quelques temps une liste de personnes à rencontrer, un peu brouillon.
Le tour se terminera par la participation à la Foiling Week sur le Lac de Garde en Italie.
Paris
Maurice Grenier Voile Cerf-volant
Nord
Opale RC
WindEEPP
SkyChaser
Eric Harlé
Normandie
Frères Durand
Bretagne
Energy Observer
IRenav
ENSTA (Nedeleg, Morgan Behrel)
Christophe Ballois
Anne Quéméré
Armorkite
Charles Boulanger
Martin Fischer
Christophe Guigueno
Fred Monsonnec
ENVSN
Un petit message pour faire part du projet de Trevor Jack (découvrir son portrait dans le dernier article) de venir en Europe cet été notamment à l'occasion de la Foiling Week sur le lac de Garde (pas loin de Vérone, en Italie).
Cet évènement était pendant quelques années l’évènement pionner autour du foil, qui rassemblait les passionnés du monde entier. Si aujourd'hui bien d'autres évènements apparaissent partout en France (Foiling Bay, Semaine Affoilante, les Foils Journées, Finist-Air sailing, ...) et dans le monde (Miami, Sydney, ...), la Foiling Week Garda reste probablement le rassemblement le plus international.
Trevor qui développe le kiteboat depuis quelques années, a notamment développé un catamaran volant dont les vidéos ont retenu l'attention de Luca Rizzotti, créateur de la Foiling Week.
Le concept, issu des différentes expériences de Trevor est le suivant :
un catamaran sur 4 foils toujours enfoncés pour avoir un maximum de stabilité en roulis (et pas de problème de couple de rappel avec un kite).
2 foils GlideFree devant, équipé de palpeur derrière le foil avec tringlerie intégrée dans le mat du foil,
2 safrans équipés de plans porteurs à l'arrière,
un système de bout et palan pour régler la position du point de tire,
un kite standard,
une barre de kite standard (avec les lignes avant sortis de la barre, pour pouvoir mieux se placer sur le bateau).
Le tout donne un bateau très stable, ayant très peu de risque de chavirer grâce à l'utilisation du kite, et rendant le foil accessible sans danger à presque n'importe qui. Les performances sont très satisfaisantes (20kt facilement atteint), même si l'accent n'est pas sur la performance. Trevor a même rajouter un moteur hors bord au bout de la poutre arrière, ce qui permet de pouvoir rentrer en sécurité.
Trevor est prêt à faire le déplacement depuis l'Australie, mais il peut difficilement faire ramener son nacra 5.8, un catamaran de sport qui a eu beaucoup de succès en Australie et qui a servi à la base de son kiteboat.
Il cherche donc un catamaran pouvant se prêter aux mêmes transformations, relativement légère, que celles qu'il a effectué sur son nacra, à savoir :
installation de safran avec T-foil
adaptation de foils GlideFree à la place des dérives
installation d'un système de bouts et palans pour le contrôle du kite
plus léger que le nacra 5.8 (130kg à 200kg selon les sources?).
Trevor pourrait venir avec ses foils GlideFree.
Les contraintes sont les suivantes :
puit de dérive suffisamment grand pour accueillir les foils GlideFree (NACA64010 - 203mm de corde, 20mm d'épaisseur.
puit de dérive, ou renvoi d'effort suffisamment costaud pour supporter la charge verticale
capacité à porter 2 personnes (un barreur et un pilote de l'aile).
Mais l'idéal serait de pouvoir récupérer un bateau déjà volant, déjà équipé de plans porteurs sur les safrans et sur lequel on pourrait adapter les foils GlideFree (relativement bon marché) .
Dans cette catégorie on trouve :
Nous avons déjà quelques pistes, mais si vous avez des idées, n'hésitez pas!
Des propositions de coup de main pour effectuer les modifications ou tester le bateau (peut-être en Bretagne avant d'aller au lac de Garde, ou directement sur place) sont aussi les bienvenues!
N'hésitez pas à parler de ce projet autour de vous, et à partager vos commentaires ici.
Dans la catégorie portrait d'acteurs du développement du kiteboat, je vous présente aujourd'hui Trevor JacK.
Je n'ai pas encore eu l'occasion de rencontrer Trevor, qui habite en Australie, mais nous avons déjà eu maintes occasions d'échanger sur nos expérimentations depuis fin 2016. Une partie de nos échanges est accessibles sur la mailing list robokite, ici et là.
Trevor sera par contre peut-être bientôt en Europe à l'occasion de la Foiling Week au Lac de Garde (objet d'un futur article complet).
Déjà en 2014, Trevor testait un petit proa tiré par une aile de kite et utilisant une paravane SeaGlider comme surface anti-dérive
Et déjà, il partageait ces expérimentations, qu'elles soient bonnes ou moins bonnes sur Viméo.
Puis un peu plus tard, un canoé (kiteski) transformé en trimaran à l'aide de 2 petites coques.
Le tout agréémentés de vidéo embarquée ou prise par un ami kitesurfer et généralement avec quelques commentaires permettant de comprendre l'essence de l'expérimentation.
Trevor s'intéresse dés le début à des systèmes de contrôle, notamment électronique, qui permettront un jour de piloter des ailes plus grandes sur des plus grands bateaux, et innove dans ce domaine, par exemple avec ce système de trim (border/choquer) au niveau de l'extrémité de l'aile, fonctionnant avec un "petit" moteur de 60W seulement.
Après quelques tentatives infructueuses, Trevor modifie son proa en 2015 et arrive finalement à naviguer de manière très satisfaisante sur son proa. Le seaglider a été remplacé par une dérive foil sous la petite coque au vent. Celle-ci permet à cette coque d'être soulevé hors de l'eau, alors que l'étrave de la coque sous le vent est soulagée par le kite.
Le bateau est symétrique et n'est pas équipé de safran. Le changement
de direction se fait en déplaçant le point de traction grâce à un winch
est un mécanisme de poulies, comme décrit dans un schéma dans la vidéo.
Trevor a heureusement de nombreux amis (Marshall, Alex, Graham) pour le suivre dans ses expérimentations et barrer pendant qu'il pilote l'aile (ou l'inverse). Mais il cherche également à obtenir une aile stable.
Un autre axe de recherche et de trouver une aile qui puisse s'adapter à une plus grande plage de vent grâce à une prise de ris en cas de vent fort, que ce soit en ramenant l'aile à terre, ou directement en vol.
Et pour avoir encore plus de puissance, pourquoi ne pas faire un train de cerf-volant, toujours avec le souci de pouvoir réduire/augmenter la voilure, sans l'enlever complètement.
Trevor a un soucis constant de mesurer la performance, que ce soit la position du centre de pression de l'aile, ou le rapport traînée/portance d'une aile (même si la procédure reste critiquable, le poids perturbant la mesure au zenith).
Cela n'est peut-être pas sans rapport avec sa profession d'actuaire.
Trevor souhaite un jour proposer des promenades pour tout le monde sur ce bateau à moitié volant (graĉe à un foil en T glidefree sous le petit flotteur au vent).
Une utilisation de visseuse-dévisseuse qui me rappelle quelque chose...
Mais il imagine aussi un bateau complètement volant, et de l'idée à la réalisation, il n'y a (presque) qu'un pas pour Mr Jack qui installe deux T-foils GlideFree sous un nacra.
Malgré les 130kg du bateau, ça vole (et ça va vite, de manière confortable)!
Au niveau de la sécurité, il assure grâce à une petit moteur hors-bord, même sur le nacra, où il est astucieusement fixé sur le côté dans le prolongement de la poutre arrière.
Voici quelques news accumulées depuis Septembre, donc plus vraiment fraîches...
Un peu le bazar, sûrement des erreurs, mais je publie ainsi, avec peut-être un peu de tri plus tard...
Silicon Valley
Voici un article parlant de l'environnement autour du foil et de l'intérêt des patrons des GAFA. On en apprend un peu plus dans cette interview de Don Montague
Energy Observer
Voici des articles (MerEtMarinePresseOcéanVoilesEtVoilier) parlant de l'aile de kite qui était très attendue pour la traction du navire, mais également pour la production d'électricité via les hydrogénérateurs. On voit notamment une photo du treuil dans l'article V&V.
Delft
Voici le lien vers un moteur de recherche permettant de retrouver les différentes thèses de l'université
Gyroboat
Un descendant des Bergeronnettes allemandes, mi autogire, mi kite, mi ski nautique
Makani
Après une vidéo plutôt basée sur l'émotion et qui laissait des doutes sur la réussite des tests, Makani publie une vidéo complète d'un test, mais avec quelques mois de retard, ce qui entretient certains doutes sur l'état actuel du projet, que quelques crashs pourraient mettre au sol.
Retombera/ retombera pas?
On a souvent tendance à s'imaginer qu'un cerf-volant une fois lâché finira par retomber. C'est sans compter sur les effets d'ascendances, de gradient horizontal, ou du poids de la ligne qui peut faire la faire traîner sur le sol.
Une petite vidéo amusante illustrant ceci. Parfois les conséquences peuvent cependant être tragique, la ligne du cerf-volant pouvant se transformer en arme de destruction massive comme nous le rappelle l'histoire.
Libertykite
Quelques images des tests des ailes Libertykite sur le bateau la Mie Caline aux Sables d'Olonne.
Et aussi une page sur Merinov, le projet de Beyond The Sea au Canada
KAUST
L'université saoudienne s'intéresse à l'énergie éolienne aérienne qui pourrait couvrir 75% des besoins en énergie de ce ces régions du Moyen-Orient.
Christoph Sieg
Voici une conférence sur l'AWE pour le pilotage d'un kite. Intéressant notamment à partir de 19'. où l'on voit quelques crashs... Ce qui est utilisé pour justifier l'utilisation de petites unités de test DIY et d'un code ouvert basé sur ardupilot/pixhawk. La solution retenue pour le treuil est ici aussi... une canne à pêche.
https://media.ccc.de/v/34c3-8877-drones_of_power_airborne_wind_energy
Et voici le lien vers la page de l'équipe avec les liens vers les différents répertoires open source
KPS
Un joli nouveau site, et toujours une belle couverture médiatique.
http://www.heraldscotland.com/business_hq/company_news/15711989.How_a_Glasgow_firm_is_using_kites_to_help_meet_electricity_needs_in_the_developing_world/
http://www.kps.energy/?lipi=urn%3Ali%3Apage%3Ad_flagship3_feed%3BT8emay9nQPCg62ygk%2BdDBg%3D%3D
Ce matin pour bien débuter la nouvelle année, je me suis imposé un petit footing, quelque soient les conditions météo, en préparation physique et mentale d'une future transat, sur laquelle on ne peut pas vraiment choisir les conditions météo. Tout au long du trajet, alors que la pluie se faisait plus drue, le vent plus violent, et l'orage de plus en plus oppressant, j'ai beaucoup pensé à Germain Belz, actuellement seul sur son kiteboat au milieu de l'Atlantique, l'aboutissement d'un projet d'une bonne tranche de vie. Germain fait partie de ces pionniers discrets, partant sans fanfare, et donnant peu de nouvelles, ce qui pourrait parfois être angoissant pour ceux restés à terre.
Nous serons probablement nombreux à suivre son sillage sur l'Atlantique dans quelques années, à l'occasion de la Mini-Transat par exemple, sur un descendant de VaCiLie (Armorkite) ou autre kitimini.
Afin de préparer ce futur proche, je souhaite cette année dédier une partie de mon temps pour m'investir dans la navigation en kiteboat. Pour cela, je recherche un partenaire d’entraînement régulier en Loire-Atlantique, et des idées pour un généreux sponsor, en phase avec le projet.
PS : et d'un point de vue technique, la foudre semble une limitation pour le kiteboat. Pourquoi ne pas imaginer un deuxième cerf-volant pouvant servir de paratonnerre? Des volontaires pour faire quelques tests ;-) ???
Dimanche 30 Juillet : Essais Armorkite (kisskissbank)
Jean-Pierre et moi avons retrouvé Maxime devant la capitainerie de Port-Haliguen.
Nous découvrons le bateau presque à la sortie du port, à couple d'un autre bateau.
Le bateau sans mât surprend les passants
Les redans sur les côtés de la coque peuvent apporter une stabilité supplémentaire au bateau.lorsqu'il gite fort.
On attrape les haubans pour passer la filière du premier bateau, mais au moment de passer sur le bateau kite, plus de hauban pour s'accrocher. Heureusement le bateau est stable, plus bas et sans filière, donc pas trop de soucis pour embarquer, malgré la perte de repère.
Emma et Guillaume, navigateurs de la veille, nous aide à dérouler les lignes sur le ponton afin de vérifier la longueur des lignes, et préparer les réglages pour l'aile de 18m². Nous roulons ensuite les lignes sur l'enrouleur, moulinet de pêche au gros XXL accueillant les 4 lignes (plus que 3 après le Y où 2 des lignes se rejoignent) à la fois.
Les passants et voisins de ponton sont intrigués par ce mini bateau (6m50, d'où le nom AK650) sans mât. Le bateau de la capitainerie vient s'assurer que la nuit précédente a bien été payée. C'est bien ok, il y avait probablement un doute vu le nom "ArmorKite" écrit en gros sur la coque et différent du vrai nom du bateau, "VaCiLie", contraction des prénoms des muses de nos hôtes.
Après une courte explication du fonctionnement du bateau, nous rangeons nos sacs dans la cabine avant (je ne suis pas rentré à l'intérieur pour voir si je rentrais), Maxime démarre le moteur, on largue les amarres et nous voici partis.
Maxime réalise un beau demi-tour au moteur, ce qui met en confiance sur la pratique de notre skipper du jour.
Nous quittons le port, jusqu'à être un peu plus au large, hors du trafic et du dévent de la côte.
Maxime à la barre du moteur 6CV (à l'arrière bâbord). A noter aussi, les pare-battages qui se transforment en coussin.
Maxime coupe le moteur, et jette l'ancre flottante à l'eau, nous voici en dérive lente vers le large, poussé par le vent.
L'ancre flottante attachée à l'arrière tribord
Maxime nous propose de choisir entre la 12m² et la 18m² (la 25m² étant en réparation). Le vent n'est pas très fort (10 à 15kt), mais par prudence, je propose de prendre la petite. Maxime sort l'aile de la cabine et commence à regonfler les lattes (pas de one pump sur cette vieille aile). Avant de gonfler le boudin principal, on retourne l'aile et une personne la maintient au dessus du pont. L'aile est donc maintenu à l'envers par rapport à la position classique utilisée sur la plage pour gonfler l'aile, mais dans la position utilisée pour poser l'aile sur la plage. Une autre personne commence à gonfler l'aile. Une petite astuce permet à l'embout de sauter, juste quand la pression est suffisante.
Gonflage de l'aile
Une fois l'aile gonflée, une personne continue à la tenir en la décalant d'un côté ou de l'autre afin qu'une autre puisse attacher les lignes aux extrémités de l'aile. Une fois les 4 lignes attachées (pas de 5ème ligne sur cette aile), l'aile est mise à l'eau et poussée sous le vent par le vent, plus vite que le bateau retenu par l'ancre flottante.
On déroule ensuite les lignes : une personne tourne la manivelle pendant qu'une autre "tire" les lignes vers l'extérieur du système, vers le kite pour l'aider à partir et ne pas avoir de mou dans les différentes renvois (sinon attention aux nœuds!). Les frottements sont en effet important car certains systèmes peu fiables ont été doublés, ou des renvois manquants. Cela devrait bientôt être amélioré. En attendant, une bonne communication est pour cela nécessaire (nous avons au début eu des difficultés de vocabulaire sur les actions à réaliser).
Manivelle du winch
En théorie, une fois les lignes déroulées (longueur arbitraire), on décolle l'aile à partir de l'eau, comme en kitesurf.
En pratique, le vent est faible et le lancement ne fut pas si facile avec la petite aile. La difficulté principale dans ces conditions étant de retourner l'aile pour que le boudin ne soit plus en bas.
Différentes techniques furent essayées avec plus ou moins de succès :
Tendre les deux lignes arrières à la fois en lâchant complètement les avants afin de décoller l'aile en marche arrière, puis de lui faire faire demi-tour, avant de repartir en marche avant en relâchant les lignes arrières.
Alterner des tensions sur une ligne arrière, puis l'autre afin de faire osciller l'aile en milieu de fenêtre en profitant de son inertie, jusqu'à la faire basculer
Reprendre de quelques mètres les lignes avant puis les lâcher d'un coup afin de détendre les lignes et permettre au vent d'aider le cerf-volant à basculer sur son dos.
Utilisation de la 5ème ligne pour faire basculer l'aile sur le dos
Afin de pouvoir réaliser ces manœuvres, les lignes furent prises directement à la main (avec tout de même une paire de gants/mitaines de protection, afin d'avoir plus d'amplitude de mouvement qu'avec les poignées et un meilleur ressenti.
L'aile fit parfois des tours sur elle-même, autour de l'axe des lignes, ou d'avant en arrière. Cela finit par compliquer le pilotage, et contrairement à une barre de kite classique, il n'y a pas moyen de défaire ces tours une fois en l'air (à moins de faire des kiteloops).
Une difficulté supplémentaire venait du fait que le trim n'était pas
réglé pour la 12m2 est que nous ne connaissions pas son réglage. Le pire était lorsque l'aile n'était pas assez "trimmée". Dans ce cas, l'aile était surbordée même en lâchant complètement les lignes arrières, et avait tendance à partir en marche arrière (donc difficile pour décoller).
Une aile trop "trimmée" était plus facile à décoller en prenant les lignes en direct. Afin de reprendre le contrôle avec les poignées, il faut cependant faire le réglage en relâchant les lignes avant une fois l'aile en l'air.
Le pilotage de l'aile est assez similaire à ce que l'on peut faire en kitesurf. L'aile a peut-être besoin d'être plus bordée (en tout cas la 12m2, trop petite) pour avoir de la puissance supplémentaire.
Le barreur peut aider au pilotage de l'aile. La règle générale est d'avoir les lignes à environ 45° du bateau, jamais plus. Cela donne par exemple un bon repère pour le près quand l'aile est sur le côté de la fenêtre de vol. Au cas où l'aile repart dans la fenêtre pour une raison ou une autre (trajectoire, aile surbordée), il faut abattre pour la suivre. Sans cela la traction de l'aile peut devenir trop forte et faire gîter le bateau, ou endommager du matériel.
Nous avons eu le problème une fois où l'aile est repartie de l'autre côté de la fenêtre de vol suite à une erreur de pilotage. Malgré une action rapide pour suivre l'aile à la barre, l'aile s'est retrouvée à plus de 90° de l'axe du bateau, stoppant le bateau vers l'avant et stoppant également sa rotation, la barre ne permettant plus de manœuvrer. Nous avons entendu un claquement, mais sans constater de dégât. Ce n'est qu'en rentrant que nous avons vu que le chariot avait sauté d'un cran.
C'est peut-être une des pires choses qui puissent arriver en kiteboat, et qui a déjà conduit quelques pionniers à jeter l'éponge, le kite traversant la fenêtre pouvant conduire à un coup de gîte, un chavirement, un décollage du bateau, ou à blesser une personne se trouvant sous le vent dans le chemin de la ligne. Ici, vu que le bateau est stable, et que nous étions tout de même 3 à bord avec une petite aile et peu de vent, cela n'a pas été trop effrayant.
Une idée contre cela pourrait être d'avoir un largueur automatique, par exemple un bâton vertical qui serait poussé par les lignes au dessus d'un certain angle par rapport à l'axe du bateau.
Malgré cela, nous sommes ensuite passés à la 18m2 pour faire quelques bords avant un retour au coucher du soleil vers 22h.
Un horizon dégagé grâce au kite
Maxime chargeait ensuite le bateau sur la remorque. Le bateau en PVC/polystyrène ne pèse que 200kg ce qui permet de le tracter avec un permis B limité à 750kg, de naviguer sur tous les plans d'eau et d'éviter de payer une place au port toute l'année, ou des grutages fréquents.
D'après Maxime, l'étrave large et ronde permet de survoler le clapot
Moteur 6CV
Très pratique, il permet de manœuvrer au port, puis au bateau de filer à 9kt, et de rentrer rapidement au port après les essais ou si le vent tombe.
Par contre, les lignes se sont prises plusieurs fois dans l'hélice. Un moteur jet permettrait d'éviter d'avoir ce problème. Un moteur inboard éviterait également d'avoir des éléments aériens qui dépassent dans lesquels peuvent se prendre également les lignes. Une autre solution est d'avoir un arceau sur l'arrière (dans l'air et sous l'eau) qui va empêcher les lignes de venir en direct (mais ce n'était pas tellement le cas).
On aurait pu utiliser la motorisation pour s'aider à lancer l'aile en mettant un peu de marche arrière, en stoppant complètement la dérive du bateau, voir pour reculer un peu, mais le bateau avec le pont ouvert vers l'arrière n'a pas l'air très adapté pour la marche arrière. A vérifier, notamment pour le support du moteur, pour l'instant assez fragile, ce qui expliquait le bout de sécurité relié au moteur.
Ancre flottante
Une ancre flottante était attachée à l'arrière tribord. A défaut de permettre de faire de la marche arrière, elle permet de ralentir la dérive du bateau, en s'ouvrant dans l'eau comme un parachute. Sans cela le bateau, conçu pour glisser le mieux possible sur l'eau, avance trop vite vers le kite, et il n'est jamais possible d'avoir les lignes tendues pour décoller l'aile.
L'ancre flottante ramenée à bord.
Un bout (le bout vert) assure la traction. Un deuxième bout (le bout blanc) permet normalement de la ramener facilement en dégonflant le parachute. Malheureusement, l'ancre flottante avait tendance à faire des tours sur elle-même et au bout de quelques dizaines de tours, le mécanisme ne fonctionnait plus. Si l'ancre est attachée en un seul point, un émerillon devrait permettre d'éviter ceci. Les lignes du kite se sont également prises une fois dans l'ancre, suite à un peu de laisser aller à bord!
L'inconvénient de l'ancre flottante est que le bateau sans vitesse n'est plus manœuvrant à la barre (surtout si on oublie de descendre le safran relevable dans l'eau...).
La position d'accroche du point d'attache détermine le cap d'équilibre du bateau (tribord amure au portant dans notre cas. Du coup le bateau a tendance à se décaler à droite par rapport à l'axe de la direction dans laquelle va le vent. Le résultat est que le cerf-volant traînant un peu dans l'eau a une tendance à vouloir décoller à gauche de l'axe du vent, c'est à dire du mauvais côté par rapport à la direction du bateau.
Il serait possible de jouer sur l'angle d'équilibre du bateau en jouant sur la position du point d'attache de l'ancre flottante, soit en modifiant la position du point d'attache, soit en ayant une patte d'oie réglable et deux points d'attaches (ce qui pourrait également empêcher d'avoir des tours). Cela n'était cependant pas possible sur l'arrière bâbord à cause du moteur hors-bord.
Schéma expliquant l'équilibre naturelle du bateau lorsque l'aile est dans l'eau, et la difficulté à décoller le cerf-volant du bon côté
Une fois que le cerf-volant est en l'air, on peut enlever l'ancre flottante. Si le cerf-volant tombe à l'eau, il faut rapidement la lancer à l'eau afin d'éviter que le bateau n'avance sur les lignes, et de perdre du temps à attendre que le cerf-volant dérive de nouveau au milieu de la fenêtre de vent pour le redécollage
5ème ligne
La 12m2 n'était pas équipée d'une 5ème ligne, bien présente sur la 18m2. Cette ligne, fixée au milieu du boudin, sert normalement pour la sécurité et permet de choquer complètement l'aile lorsque les 4 autres lignes sont larguées de quelques mètres.
Mais elle permet aussi de faciliter grandement le décollage, notamment dans le vent faible. Pour cela il faut à la fois tendre cette ligne et une ligne arrière pour faire basculer l'aile sur le côté.
Bobine Do It Yourself pour la 5ème ligne
Chariot
L'utilisation du chariot permet de limiter la gîte du bateau en le descendant un peu sous le vent. Pour cela contrairement à un chariot de grand voile, il faut mettre un peu d'énergie, la position d'équilibre étant au milieu. Remettre l'aile vers le zénith facilite donc la manœuvre.
Dérives
Le bateau est doté de deux dérives sabres asymétriques. Pour l'instant, elles sont simplement équipées d'une poignée pour les remonter. Au début nous descendions les deux dérives, ce qui permet de freiner le bateau pour les débutants, comme en "chasse-neige". Pour faire un peu plus de vitesse, on ne garde que la dérive sous le vent. La dérive au vent se cale en position haute, juste en tirant un peu dessus. Il faut bien le faire, sinon la dérive finit par retomber (en général par magie au moment où Maxime dit qu'il faudrait la remettre!).
Les lignes se sont également coincées une fois dans les dérives, mais sans difficulté pour les décoincer.
La dérive se met à chanter lorsque le bateau accélère, aux alentours de 7kt puis 12kt d'après Maxime, ce qui nous a donné une petite idée des performances.
Sécurité
Le bateau est considéré comme un bateau expérimental, et n'est pas soumis à la "Div 240".
Cela permet d'aller à 6 miles des côtes. Le bateau n'a pas de filière de sécurité, mais vu le peu de gite, ce n'est pas gênant dans la partie arrière. Il n'y a normalement pas besoin d'aller sur l'avant du bateau, mais cela pourrait arriver. Mouillage?
Nous avions à bord une VHF portable sur le canal 16, relié par un petit bout au bateau.
L'un de nous avait un couteau sur lui au cas de besoin de couper les lignes. Un étui de rangement pour un couteau de sécurité serait le bienvenu.
What is next?
Un deuxième bateau est en construction. L'objectif à terme étant une commercialisation du bateau pour permettre la pratique à tous.
En attendant, ArmorKite mise plutôt sur des formations ou des locations pour les "early-adopters" (armorkite, clickAndBoat). Pour cela Maxime et Thibaud suivent actuellement la formation de moniteur de voile qui devrait permettre la formation et la location de l'AK650 (notamment depuis que les activités liées au kite nautique ont été reprises par la Fédération Française de Voile).